L'essentiel du derby
| Question | Réponse |
|---|---|
| Qui mène ? | L'OL, de deux victoires : 47 contre 45, et 34 nuls, sur 126 derbys. Mais l'ASSE mène aux buts, 159 à 151. |
| Premier derby | 28 octobre 1951, OL 4-2 ASSE, onzième journée de Division 1. Le récit |
| La décennie la plus déséquilibrée | Les années 2000 : 15 derbys, 9 victoires de l'OL, 6 nuls, aucune victoire stéphanoise. Le tableau |
| Quand le rapport de force bascule | Aux années 1990. Sur les quatre décennies précédentes, l'ASSE menait 36 victoires à 17. Sur les quatre suivantes, l'OL mène 30 à 9. Pourquoi |
| Le bilan récent, match par match | Il est détaillé sur la page confrontations OL - Saint-Étienne, qui couvre chaque rencontre depuis 2010. |
Une rivalité plus vieille que les deux clubs
Le derby ne commence pas en 1951. Il hérite d'un antagonisme entre deux villes séparées de 62 kilomètres par la route et 50 à vol d'oiseau, et que l'histoire régionale a placées du mauvais côté l'une de l'autre à peu près chaque fois qu'elle en a eu l'occasion.
| Époque | Ce qui les oppose |
|---|---|
| Antiquité | Saint-Étienne est au coeur du territoire des Ségusiaves, peuple gaulois allié de Rome. La colonie romaine de Lyon est fondée sur ce territoire, par des partisans de Pompée en fuite. |
| Moyen Âge | Le comte de Forez contre l'archevêque de Lyon. Le Forez relève du roi de France, le Lyonnais du Saint-Empire jusqu'en 1312. En 1158, à Yzeron, les troupes de l'archevêque de Lyon sont écrasées par celles du comte de Forez. |
| Révolution | Les fédéralistes lyonnais occupent Saint-Étienne pour contrôler sa manufacture d'armes. Le 28 août 1793, un soulèvement les chasse ; le 9 octobre, l'insurrection lyonnaise est matée avec les armes stéphanoises. Le département de Rhône-et-Loire est scindé dans la foulée. |
| XXe siècle | La désindustrialisation. Saint-Étienne perd environ 50 000 habitants entre 1968 et 2014 ; Lyon, qui perd aussi des habitants, rebondit beaucoup plus vite. |
De là vient l'imagerie que les deux tribunes se renvoient encore. Côté stéphanois, la mine, la métallurgie, l'armurerie, l'histoire ouvrière et les luttes sociales. Côté lyonnais, la recherche, les frères Lumière et le cinéma, le poids politique et économique de la ville. Le derby met en scène une opposition entre une ville réputée bourgeoise et une ville réputée populaire, dont aucune des deux n'a vraiment choisi l'étiquette.
Le premier derby, le 28 octobre 1951
Le tout premier derby est une victoire lyonnaise, et elle porte la signature d'un seul homme. Fritz Woehl inscrit un triplé, aux 23e, 36e et 83e minutes. Georges Dupraz ajoute le quatrième but à la 63e.
La suite immédiate est moins favorable. Sur les six derbys suivants, l'OL n'en gagne qu'un, le 2 octobre 1955 à Geoffroy-Guichard, 0-1, sur un but de Camille Ninel à la 49e minute. Entre-temps, Saint-Étienne s'est imposé 1-0, 4-2, et surtout 4-0 en demi-finale de Coupe Charles Drago, le 19 mai 1955, avec un doublé de Rachid Mekhloufi.
C'est le début d'une longue période à sens unique.
Quarante ans de domination stéphanoise, puis l'inverse
Le derby se lit en deux moitiés, et la ligne de partage tombe exactement au début des années 1990.
| Période | Derbys | Victoires OL | Nuls | Victoires ASSE |
|---|---|---|---|---|
| 1951-1989, quatre décennies | 69 | 17 | 16 | 36 |
| 1990-2025, quatre décennies | 57 | 30 | 18 | 9 |
Le basculement n'a rien de mystérieux, puisqu'il suit la trajectoire des deux clubs. Saint-Étienne remporte dix titres de champion entre 1957 et 1981 et atteint la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions en 1976, quand l'OL n'a encore rien gagné en championnat. Puis l'ASSE descend, remonte, redescend, pendant que Lyon construit l'effectif qui remportera sept titres consécutifs entre 2002 et 2008.
Le résultat statistique de cette bascule est le fait le plus spectaculaire du derby. Sur les quinze derbys des années 2000, Saint-Étienne n'en a gagné aucun. Neuf victoires lyonnaises, six matchs nuls. C'est la seule décennie de toute l'histoire de la rivalité où l'une des deux équipes ne l'emporte jamais.
Et malgré cela, le bilan général reste extraordinairement serré. Après 126 rencontres, l'OL mène de deux victoires, 47 à 45, mais l'ASSE reste devant de huit buts, 159 à 151. Les quatre décennies de domination stéphanoise pesaient assez lourd pour que trente-cinq ans de domination lyonnaise ne les aient pas encore effacées.
Le derby, décennie par décennie
| Décennie | Matchs | OL | Nuls | ASSE | Buts OL | Buts ASSE |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Années 1950 | 15 | 5 | 2 | 8 | 20 | 26 |
| Années 1960 | 20 | 4 | 5 | 11 | 26 | 41 |
| Années 1970 | 22 | 6 | 7 | 9 | 17 | 25 |
| Années 1980 | 12 | 2 | 2 | 8 | 8 | 21 |
| Années 1990 | 14 | 5 | 7 | 2 | 11 | 11 |
| Années 2000 | 15 | 9 | 6 | 0 | 25 | 12 |
| Années 2010 | 21 | 11 | 4 | 6 | 31 | 19 |
| Années 2020 | 7 | 5 | 1 | 1 | 13 | 4 |
| Total | 126 | 47 | 34 | 45 | 151 | 159 |
Les années 1980 sont le creux lyonnais absolu, avec 2 victoires sur 12 derbys, 8 buts marqués contre 21 encaissés. C'est aussi la décennie où l'OL passe quatre saisons en Division 2, ce qui explique le faible nombre de rencontres.
Où se sont joués ces 126 derbys
| Compétition | Matchs | OL | Nuls | ASSE | Buts |
|---|---|---|---|---|---|
| Ligue 1 | 114 | 42 | 32 | 40 | 136 - 141 |
| Ligue 2 | 4 | 1 | 1 | 2 | 3 - 7 |
| Coupe de France | 5 | 3 | 1 | 1 | 9 - 3 |
| Coupe de la Ligue | 1 | 1 | 0 | 0 | 2 - 1 |
| Coupe Charles Drago | 1 | 0 | 0 | 1 | 0 - 4 |
| Challenge des champions | 1 | 0 | 0 | 1 | 0 - 3 |
Quatre de ces rencontres se sont jouées en Ligue 2, et l'ASSE y mène 2 victoires à 1. En coupe, en revanche, l'OL domine nettement, avec 3 victoires sur 5 en Coupe de France, avec 9 buts marqués pour 3 encaissés, et une victoire en Coupe de la Ligue. Ses deux seules défaites en coupe sont anciennes, la demi-finale de Coupe Drago de 1955 et le Challenge des champions 1967, perdu 3-0 à Geoffroy-Guichard.
Ce que les tribunes en ont fait
Le derby a produit un répertoire que les deux virages entretiennent en dehors même des confrontations directes.
À chaque match de l'OL, quel que soit l'adversaire, le virage nord entonne « Emmenez-moi à Geoffroy-Guichard », sur l'air d'Aznavour, à la 42e minute. Quarante-deux est le numéro du département de la Loire. Le chant a débordé du stade en mai 2012, quand plusieurs joueurs lyonnais l'ont entonné au balcon de l'hôtel de ville, au lendemain de la Coupe de France, ce qui a fait polémique.
Les banderoles ont plusieurs fois dépassé le cadre sportif. En 2007, un tifo des Magic Fans représentant les joueurs lyonnais en animaux de savane, accompagné du texte « la chasse est ouverte », a valu au groupe une amende de 500 euros avec sursis. La même année, une partie du virage lyonnais déployait à Gerland un message insultant pour les Stéphanois. En 2000, une banderole lyonnaise reprenait frontalement l'opposition sociale entre les deux villes, en opposant l'invention du cinéma à la mine.
La rivalité atteint aussi les dirigeants. Après une défaite à domicile en 2010, la première depuis seize ans, Jean-Michel Aulas rappelait publiquement que son club jouait la Ligue des champions quand son voisin ne la disputait pas.
Où trouver le reste
Cette page raconte la rivalité. Les chiffres match par match sont ailleurs sur le site :
- Confrontations OL - Saint-Étienne : le bilan détaillé depuis 2010, à domicile, à l'extérieur, par mi-temps et par compétition.
- Le palmarès de l'OL : les sept titres consécutifs qui expliquent le renversement des années 2000.
- Le stade de Gerland : l'enceinte où s'est joué le dernier derby lyonnais à domicile avant le déménagement, le 8 novembre 2015.
- Les records du club, dont la plus large victoire lyonnaise en derby.
Questions fréquentes sur le derby
Qui mène dans les derbys entre l'OL et Saint-Étienne ?
L'Olympique Lyonnais, mais de très peu, 47 victoires contre 45, et 34 matchs nuls, sur 126 derbys au 20 avril 2025. Saint-Étienne reste en revanche devant au nombre de buts, 159 contre 151. C'est l'héritage des quatre premières décennies, où l'ASSE menait 36 victoires à 17.
Quand a eu lieu le premier derby entre l'OL et l'ASSE ?
Le 28 octobre 1951, pour la onzième journée de Division 1. L'Olympique Lyonnais l'emporte 4-2, avec un triplé de Fritz Woehl aux 23e, 36e et 83e minutes, et un but de Georges Dupraz à la 63e.
Pourquoi les supporters de l'OL chantent-ils à la 42e minute ?
Parce que 42 est le numéro du département de la Loire, celui de Saint-Étienne. À cette minute de chaque match, quel que soit l'adversaire, le virage nord entonne « Emmenez-moi à Geoffroy-Guichard », sur l'air d'Aznavour.
Combien de derbys Saint-Étienne a-t-il gagnés dans les années 2000 ?
Aucun. Sur les 15 derbys de la décennie, l'OL en a gagné 9 et 6 se sont terminés par un match nul. C'est la seule décennie de l'histoire de la rivalité où l'une des deux équipes ne l'emporte jamais. Elle coïncide exactement avec les sept titres consécutifs lyonnais.
Quelle est la distance entre Lyon et Saint-Étienne ?
62 kilomètres par la route, 50 à vol d'oiseau. C'est l'une des plus courtes distances entre deux clubs rivaux du football français, et l'une des raisons de l'ancienneté de l'antagonisme entre les deux villes, bien antérieur à la création des deux clubs.
Sources. Bilan général, bilan par compétition et bilan par décennie arrêtés au 20 avril 2025, d'après la page Wikipédia « Olympique lyonnais - AS Saint-Étienne en football », qui recense les 126 rencontres une à une. Feuille du premier derby, buteurs et minutes : même source, tableau des années 1950. Éléments sur les origines de la rivalité, les chants et les banderoles : sections « Origine de la rivalité » et « Dans les tribunes » de la même page.