De directeur technique à entraîneur principal
Santini n'arrive pas à l'OL en 2000, mais en 1997. Jean-Michel Aulas le recrute d'abord comme directeur technique, chargé de structurer le projet sportif du club. C'est dans les coulisses que Santini commence à poser les fondations de ce qui deviendra la domination lyonnaise : organisation, recrutement ciblé, professionnalisation des méthodes. En 2000, il passe de l'ombre à la lumière et prend officiellement les rênes de l'équipe première.
À ce moment-là, l'OL est un club ambitieux mais sans titre majeur. En Division 1, Lyon tourne autour des places européennes sans jamais décrocher le Graal. Santini sait que l'effectif est bon, que les bases sont solides. Il impose une rigueur défensive et une organisation collective qui vont rapidement porter leurs fruits.
Bilan à l'OL saison par saison
| Saison | Pts | V | N | D | Résultat L1 | Coupe |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2000–2001 | 57 | 16 | 9 | 9 | 3e place | 🏆 Coupe de la Ligue |
| 2001–2002 | 66 | 19 | 9 | 6 | 🏆 Champion ! | Coupe : 8e de finale |
34 matchs par saison (format à 18 clubs en vigueur jusqu'en 2002). Sources : Wikipedia / LFP.
Répartition des 68 matchs de L1
35 victoires · 18 nuls · 15 défaites en championnat (2 saisons)
Le premier titre : ce que ça représentait pour l'OL
Il faut replacer le 8 mai 2002 dans son contexte pour en mesurer la portée. L'Olympique Lyonnais fête ses 52 ans d'existence et n'a jamais été champion de France. Les supporters lyonnais ont grandi avec le fantôme de Saint-Étienne et de ses 10 titres, de Marseille et de ses étoiles dorées. Lyon était un grand club, certes, mais un grand club sans titre suprême.
Ce soir de mai 2002, tout change. L'OL bat Monaco et décroche son premier championnat. Jean-Michel Aulas pleure sur le banc de touche. Les joueurs explosent de joie. Gerland délivre une ovation qui dure des heures. Ce titre est le début de quelque chose : la série des 7 championnats consécutifs qui va suivre (jusqu'en 2008) fera de ce soir le point de départ d'une ère inédite dans l'histoire du football français.
Santini, lui, reste discret. Il serre les mains, accepte les félicitations, mais garde ce caractère taiseux qui le définit. On dit de lui qu'il est un mystère. Ses joueurs le respectent profondément, mais il ne cherche jamais les projecteurs.
Un an avant le championnat, Santini remporte avec l'OL la Coupe de la Ligue en battant le PSG 2-0 au Stade de France. C'est le premier trophée majeur de l'ère Santini, et le premier titre du club depuis la Coupe de France 1973. Ce succès installe la confiance dans le groupe et valide la méthode du coach. La saison suivante, l'OL ira chercher le titre suprême.
Son style : la rigueur avant tout
Une organisation défensive solide. La marque de Santini, c'est la solidité défensive. À l'OL, il structure son équipe dans un bloc compact, difficile à percer. En 2001-2002, l'OL est l'une des défenses les moins perméables du championnat. Grégory Coupet passe peu de mauvaises nuits.
Un recrutement ciblé. Santini profite de sa double casquette (directeur technique + entraîneur) pour peser sur le recrutement. Les achats sont réfléchis, pas seulement clinquants. L'effectif progresse en cohérence collective, pas seulement en individualités.
La discrétion comme méthode. À l'opposé des entraîneurs communicants qui occupent l'espace médiatique, Santini travaille dans l'ombre. Peu de conférences de presse remarquables, peu de déclarations fracassantes. Les résultats parlent pour lui. Cette discrétion lui vaut parfois d'être décrit comme "un mystère" par les journalistes, mais ses joueurs comprennent clairement ses consignes.
La montée en puissance de l'OL (1997–2002)
Structuration du projet sportif. Professionnalisation des méthodes. Recrutement ciblé.
Il prend les rênes de l'équipe première pour la première saison complète en D1.
OL 2-0 PSG au Stade de France. Premier trophée de l'ère moderne lyonnaise.
Gerland en liesse. Lyon champion de France pour la première fois. Début de la série de 7 titres.
Il succède à Roger Lemerre comme sélectionneur. Paul Le Guen lui succède à l'OL.
L'autre vie : 12 ans sous le maillot vert de Saint-Étienne
Avant d'entraîner l'OL, Santini a été joueur. Et pas n'importe où : à Saint-Étienne, le rival historique des Lyonnais. De 1969 à 1981, il joue 324 matchs avec les Verts et inscrit 50 buts, en tant que milieu défensif robuste et polyvalent. Il gagne 4 championnats de France (1974, 1975, 1976, 1981) et 2 Coupes de France (1975, 1977).
Le moment le plus célèbre de sa carrière de joueur reste sans doute la finale de la Coupe d'Europe 1976 (Copa de Campeones) au Hampden Park de Glasgow, face au Bayern Munich. Dans ce match légendaire de l'histoire du football français, un tir de Santini heurte la barre transversale. L'ASSE s'incline 1-0. Malgré la défaite, ce match reste une référence : jamais une équipe française n'était allée aussi loin. Santini était au cœur de ce collectif exceptionnel.
L'ironie de l'histoire : Santini a passé 12 ans à l'ASSE, club rival historique de l'OL, et a remporté 4 titres sous le maillot vert. C'est ensuite lui qui a offert à l'Olympique Lyonnais son tout premier championnat de France. Les supporters lyonnais lui doivent une fière chandelle à cet ancien Stéphanois.
Sélectionneur, une aventure tumultueuse
À l'été 2002, auréolé du titre lyonnais, Santini devient sélectionneur de l'équipe de France en remplacement de Roger Lemerre, démis après l'humiliation du premier tour de la Coupe du Monde 2002. Il prend en main une équipe en crise et commence à la reconstruire méthodiquement, avec ses méthodes habituelles.
Le bilan est excellent sur le papier : 22 victoires, 4 nuls et seulement 2 défaites en deux ans. La France remporte la Coupe des Confédérations 2003 au Japon, battant la Colombie, les États-Unis et la Turquie avant de s'imposer face au Cameroun (1-0) en finale. La qualification pour l'Euro 2004 au Portugal est sans accroc.
Mais l'Euro 2004 tourne à la catastrophe. La France, pourtant première de son groupe, s'effondre en quart de finale face à la Grèce (0-1). Pire encore : avant même que la compétition ne commence, Santini avait annoncé en catimini sa future signature à Tottenham. Cette double casquette pollue l'ambiance dans le groupe. Résultat : l'une des plus grandes désillusions de l'histoire des Bleus.
À Tottenham, son passage est tout aussi chaotique. Cinq mois, treize matchs, puis une démission invoquant des "problèmes internes" et des conflits avec le directeur sportif Frank Arnesen. Il n'a jamais vraiment expliqué publiquement les raisons exactes de ce départ précipité. En 2005-2006, il prend les commandes d'Auxerre, finit sixième et qualifie le club pour la Coupe Intertoto, avant de raccrocher définitivement les crampons.
Palmarès complet
| Compétition | Nombre | Détails |
|---|---|---|
| Ligue 1 (entraîneur) | 1 | OL 2002 |
| Coupe de la Ligue (entraîneur) | 1 | OL 2001 |
| Trophée des Champions (entraîneur) | 1 | OL 2002 |
| Coupe des Confédérations (entraîneur) | 1 | Équipe de France 2003 |
| Championnat de France (joueur) | 4 | ASSE 1974, 1975, 1976, 1981 |
| Coupe de France (joueur) | 2 | ASSE 1975, 1977 |
| Finaliste Coupe d'Europe (joueur) | 1 | ASSE 1976 (Glasgow) |