Photo : Safia Otokoré, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons
Palmarès de joueur
Avec l'OL
Ailleurs
Comme entraîneur
Né à l'Hôtel-Dieu, licencié à l'OL à huit ans
Raymond Manuel Albert Domenech naît le 24 janvier 1952 à l'Hôtel-Dieu de Lyon. Son père Raimundo est né dans le sud de la province de Tarragone, en Catalogne. Militant républicain et antifranquiste comme ses deux frères, il a passé la frontière clandestinement après la Seconde Guerre mondiale, trouvé du travail dans une fonderie et régularisé sa situation avant d'épouser Germaine, ouvrière à Meyzieu et d'origine pied-noir.
La famille vit dans un HLM du quartier des États-Unis, à Lyon. Raymond a trois frères et une demi-sœur. Ses parents divorcent en 1967, il a quinze ans, et il élève son frère cadet Albert, qui deviendra lui aussi footballeur professionnel. Les étés se passent à Rubí, une ville catalane à trente kilomètres de Barcelone où vivent les frères de son père.
Il signe sa première licence à l'Olympique lyonnais à huit ans, en 1960. D'abord attaquant, il recule au fil des saisons pour devenir arrière latéral. Il intègre le groupe professionnel à dix-huit ans, en 1970, sous les ordres d'Aimé Mignot. Entre la licence et le départ pour Strasbourg, dix-sept années au même club.
12 août 1970 à Nice, la faute qui n'était pas la sienne
Premier match de la saison 1970-1971, l'OGC Nice reçoit l'Olympique lyonnais. Domenech est titulaire, il a dix-huit ans. Le meneur de jeu autrichien de Nice, Helmut Metzler, élimine Domenech puis se fait tacler sévèrement par un joueur lyonnais. Metzler se fracture le tibia et le péroné.
L'auteur du tacle est Jean Baeza. La presse attribue la faute à Domenech, qui portait la même coupe de cheveux. Il laisse dire. Il expliquera bien plus tard qu'il débutait, qu'il lui paraissait important qu'on parle de lui en bien ou en mal, et qu'il est entré dans son personnage par une forme de bravade.
Le surnom de boucher le suit jusqu'à la fin de sa carrière de joueur. Il l'entretient, joue les durs sur tous les ballons, se laisse pousser la moustache et les cheveux. Une réputation construite sur une erreur d'identification de journalistes, et jamais corrigée par l'intéressé.
Cinquième défenseur le plus capé du club
Ses 293 matchs le séparent d'un seul de Bernard Lhomme, avec qui il a partagé la défense lyonnaise pendant six saisons.
| Rang | Défenseur | Période | Matchs | Buts |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Aimé Mignot | 1955-1966 | 424 | 1 |
| 2 | Anthony Réveillère | 2003-2013 | 400 | 6 |
| 3 | Cris | 2004-2012 | 312 | 19 |
| 4 | Bernard Lhomme | 1966-1976 | 294 | 4 |
| 5 | Raymond Domenech | 1970-1977 | 293 | 12 |
| 6 | Alain Olio | 1976-1984, 1985-1986 | 289 | 4 |
Classement établi sur la base de 609 joueurs de ce site, tous matchs officiels confondus. Les deux bases divergent d'une unité sur ses buts, la base de ce site en retenant 12 et l'infobox de sa fiche Wikipédia 11, sans que rien ne permette de trancher. Le total de 293 matchs, lui, est identique dans les deux sources. Ses 293 rencontres en sept saisons donnent une moyenne de 41,9 matchs par exercice, la plus élevée des six joueurs de ce tableau.
Ses sept saisons de joueur, classement par classement
Il arrive à dix-huit ans dans une équipe qui va atteindre une finale de Coupe de France et repart à vingt-cinq d'un club qui vient de rater sa qualification européenne. Entre les deux, la Coupe de 1973 et deux podiums.
| Saison | Classement en D1 | Fait marquant |
|---|---|---|
| 1970-1971 | 7e | Sa première saison professionnelle, titulaire dans la finale de Coupe de France perdue contre Rennes |
| 1971-1972 | 5e | Meilleure saison de championnat depuis 1964 |
| 1972-1973 | 13e | Coupe de France gagnée contre le FC Nantes |
| 1973-1974 | 3e | Blessé en début de saison, il manque le Challenge des champions et la campagne européenne |
| 1974-1975 | 3e | Deuxième podium de suite |
| 1975-1976 | 16e | Capitaine de la finale de Coupe de France perdue 0-2 contre Marseille, dernière saison d'Aimé Mignot sur le banc |
| 1976-1977 | 6e | Arrivée d'Aimé Jacquet, élimination en 32es de Coupe de France, pas de qualification européenne |
Classements repris des pages de saison de ce site, faits marquants repris de sa fiche Wikipédia. Aucune source publique ne détaille ses statistiques année par année, et ce tableau ne cherche donc pas à répartir ses 293 matchs saison par saison. Sa fiche situe son départ en 1977 dans son infobox et dans son intertitre, mais écrit 1978 dans son résumé introductif ; c'est 1977 qui est retenu ici, la ligne du RC Strasbourg commençant cette année-là.
La Coupe de France 1973, et le coup de poing de Skoblar
Le 17 juin 1973 au Parc des Princes, devant 45 734 spectateurs, l'Olympique lyonnais bat le FC Nantes 2-1 et gagne la troisième Coupe de France de son histoire. Domenech est titulaire en défense, à vingt et un ans, aux côtés de Ljubomir Mihajlović, Robert Cacchioni et Bernard Lhomme, dans une équipe où jouent aussi Serge Chiesa, Bernard Lacombe et Fleury Di Nallo, capitaine.
Le parcours vers cette finale a produit l'autre scène qui lui colle à la peau. En quart de finale retour contre l'Olympique de Marseille, gagné 4-0, Domenech prend en marquage individuel l'attaquant yougoslave Josip Skoblar. Excédé par ses provocations, Skoblar lui met un coup de poing. L'arcade ouverte, le défenseur lyonnais en rajoute, et l'arbitre expulse le Marseillais. À la sortie du terrain, Domenech déclare que pour lui, le football, c'est la guerre.
Le lendemain de la finale, il ne se présente pas à l'épreuve de philosophie du baccalauréat. Il ne l'obtiendra pas.
12 juin 1976, capitaine d'une finale perdue
Trois ans après la Coupe gagnée, l'Olympique lyonnais retrouve le Parc des Princes pour une finale de Coupe de France, le 12 juin 1976 devant 45 661 spectateurs et sous l'arbitrage de Robert Wurtz, déjà au sifflet en 1973. Cette fois, Domenech porte le brassard de capitaine, à vingt-quatre ans.
L'Olympique de Marseille l'emporte 0-2, sur des buts de Raoul Noguès à la 67e minute et de Boubacar Saar à la 84e. La défense lyonnaise alignait ce jour-là Guy Garrigues, Jean-François Jodar, Ljubomir Mihajlović et Domenech devant Gilles De Rocco, avec Serge Chiesa et Bernard Lacombe en attaque.
Date, score, affluence, arbitre, buteurs et composition repris de la page Wikipédia de la Coupe de France 1975-1976. C'est sa dernière finale sous le maillot lyonnais, un an avant son départ pour Strasbourg.
Date, score, affluence et composition repris de la page Wikipédia de la Coupe de France 1972-1973, épisodes de Marseille et du baccalauréat repris de sa fiche Wikipédia. Il ne figure pas sur la feuille de match du Challenge des champions du 21 août 1973, également gagné contre Nantes, sa fiche indiquant qu'il était alors blessé.
Huit sélections en six ans, sans jamais s'installer
La Coupe de France 1973 lui ouvre les portes de l'équipe de France. Georges Boulogne le titularise pour son premier match le 19 mai 1973 contre l'Irlande, un match nul 1-1 en qualification pour la Coupe du monde 1974. Il a vingt et un ans, prépare son baccalauréat en même temps, et dira plus tard qu'il n'est pas simple d'arriver en sélection sans connaître personne.
Il attend ensuite plus de deux ans. Stefan Kovacs le rappelle le 3 septembre 1975 contre l'Islande, en éliminatoires de l'Euro 1976, et il est titulaire. Il rejoue en novembre contre la Belgique. Michel Hidalgo, arrivé en mars 1976, le maintient dans le groupe et l'aligne lors de trois amicaux consécutifs contre la Tchécoslovaquie, la Pologne et le Danemark.
Puis plus rien pendant près de trois ans, ce qui le prive de la Coupe du monde 1978 en Argentine. Sa huitième et dernière sélection tombe en 1979. Il n'a jamais marqué en bleu.
| Date | Adversaire | Compétition | Résultat | Sélectionneur |
|---|---|---|---|---|
| 19 mai 1973 | Irlande | Qualification Coupe du monde 1974 | Nul 1-1 | Georges Boulogne |
| 3 septembre 1975 | Islande | Éliminatoires Euro 1976 | Stefan Kovacs | |
| Novembre 1975 | Belgique | Éliminatoires Euro 1976 | Stefan Kovacs | |
| 1976 | Tchécoslovaquie, Pologne, Danemark | Amicaux | Michel Hidalgo |
Dates et sélectionneurs repris de sa fiche Wikipédia, qui ne donne les résultats que pour la première rencontre et ne date pas précisément les trois amicaux de 1976 ni sa dernière sélection de 1979. Les colonnes vides le sont donc faute de source, et non par oubli. Son total est de huit sélections et zéro but entre 1973 et 1979.
Strasbourg, Paris, Bordeaux, Mulhouse
Il quitte l'Olympique lyonnais en 1977 pour le RC Strasbourg, où Gilbert Gress voulait d'abord recruter Patrick Battiston. Battiston reste à Metz, et c'est Domenech qui arrive. Les deux hommes s'étaient accrochés lorsque Gress était encore joueur, et les premiers rapports sont difficiles, avant que l'expérience de l'un et le besoin de relance de l'autre ne les rapprochent. Dès sa première saison, il joue trente matchs de championnat et Strasbourg finit troisième. Deux ans plus tard, le club est champion de France.
Suivent une saison au Paris Saint-Germain, perturbée par une blessure à la cheville et bouclée à 22 matchs, avec la Coupe de France 1982 à la clé, puis deux ans aux Girondins de Bordeaux et un titre de champion en 1984, enfin deux saisons au FC Mulhouse où il commence à entraîner tout en jouant encore.
| Période | Club | Matchs | Buts | Titre |
|---|---|---|---|---|
| 1970-1977 | Olympique lyonnais | 293 | 11 | Coupe de France 1973 |
| 1977-1981 | RC Strasbourg | 157 | 5 | Champion de France 1979 |
| 1981-1982 | Paris Saint-Germain | 22 | 1 | Coupe de France 1982 |
| 1982-1984 | Girondins de Bordeaux | 51 | 3 | Champion de France 1984 |
| 1984-1986 | FC Mulhouse | 13 | 0 | |
| Total | 536 | 20 |
Tableau repris de l'infobox de sa fiche Wikipédia, y compris la ligne lyonnaise à 11 buts, pour que la somme de 536 matchs et 20 buts reste cohérente. La base de ce site retient 12 buts pour la période lyonnaise. Sur ses 536 matchs de carrière, 293 ont été joués à Lyon, soit 55 %. Il a gagné un titre dans quatre de ses cinq clubs.
Le retour de 1988, et ce qui a suivi
Il commence à entraîner au FC Mulhouse en 1984, alors qu'il est encore joueur, et y reste quatre ans. En 1988, il revient à l'Olympique lyonnais, quinze ans après la Coupe de France et onze ans après son départ. Le club est en Division 2. Il le fait remonter dès la première année en gagnant le championnat de Division 2 en 1989, et reste jusqu'en 1993.
Son bilan lyonnais sur le banc est de 202 matchs, 73 victoires, 62 nuls et 67 défaites. Il enchaîne ensuite onze ans à la tête des espoirs français, de 1993 à 2004, avec une finale de Championnat d'Europe espoirs en 2002 et le Tournoi de Toulon en 2004, puis six ans comme sélectionneur de l'équipe de France.
| Équipe | Période | Matchs | V | N | D |
|---|---|---|---|---|---|
| FC Mulhouse | 1984-1988 | 169 | 93 | 40 | 36 |
| Olympique lyonnais | 1988-1993 | 202 | 73 | 62 | 67 |
| France espoirs | 1993-2004 | 124 | 76 | 30 | 18 |
| France olympique | 1996 | 4 | 2 | 0 | 2 |
| France moins de 20 ans | 2001 | 12 | 5 | 3 | 4 |
| Équipe de France | 2004-2010 | 79 | 41 | 23 | 15 |
| FC Nantes | 2020-2021 | 9 | 0 | 4 | 5 |
Bilans repris de l'infobox de sa fiche Wikipédia. La ligne de la Bretagne, qu'il a dirigée de 2016 à 2019, n'y porte aucun match. Son passage au FC Nantes, entre décembre 2020 et février 2021, s'est terminé sans aucune victoire ; l'infobox compte neuf matchs quand le résumé de la même fiche en annonce huit. Il a été président du syndicat des entraîneurs de football français de 2016 à 2024. Sa fiche d'entraîneur sur ce site détaille son mandat lyonnais.
Trois choses à savoir sur Raymond Domenech
- Sa réputation de joueur dur vient d'une faute commise par un coéquipier, Jean Baeza, que la presse lui a attribuée par erreur en août 1970 et qu'il n'a jamais démentie.
- Il est entré à l'Olympique lyonnais à huit ans et en est parti à vingt-cinq, dix-sept ans plus tard, avant d'y revenir comme entraîneur pour cinq saisons.
- Il a gagné un titre dans quatre clubs différents comme joueur, l'OL, Strasbourg, le PSG et Bordeaux, puis fait remonter l'OL en Division 1 comme entraîneur.
Les faits de cette fiche proviennent de la page Wikipédia du joueur, de la page Wikipédia de la Coupe de France 1972-1973, des pages de saison de ce site et de la base de 609 joueurs qui l'alimente. Les appréciations sont assumées comme telles.
Les saisons de l'OL qu'il a jouées :
Questions fréquentes sur Raymond Domenech
Combien de matchs Raymond Domenech a-t-il joués à l'OL ?
293 matchs comme joueur professionnel entre 1970 et 1977, soit sept saisons. Il avait signé sa première licence au club à huit ans, en 1960, et y a donc passé dix-sept années d'affilée avant de partir à Strasbourg. Cela le place au cinquième rang des défenseurs les plus capés du club, à un match de Bernard Lhomme.
Pourquoi surnommait-on Raymond Domenech le boucher ?
À cause d'une faute qu'il n'a pas commise. Le 12 août 1970 à Nice, pour son premier match de la saison, l'Autrichien Helmut Metzler se fracture le tibia et le péroné sur un tacle de Jean Baeza. La presse attribue la faute à Domenech, les deux joueurs portant la même coupe de cheveux. Il choisit de ne pas démentir, expliquant plus tard qu'il débutait et qu'il lui paraissait important qu'on parle de lui. Le surnom lui est resté toute sa carrière.
Quel titre Raymond Domenech a-t-il gagné avec l'OL ?
La Coupe de France 1973, gagnée 2-1 contre le FC Nantes le 17 juin 1973 au Parc des Princes. Il est titulaire en défense. Il ne joue en revanche pas le Challenge des champions du 21 août suivant, gagné par l'OL contre le même adversaire, car il est blessé au début de la saison 1973-1974.
Raymond Domenech a-t-il été international français ?
Huit sélections entre 1973 et 1979, sans marquer. La première tombe le 19 mai 1973 contre l'Irlande, un match nul 1-1 en qualification pour la Coupe du monde 1974, alors qu'il a vingt et un ans et prépare son baccalauréat. Il attend ensuite deux ans avant d'être rappelé, le 3 septembre 1975 contre l'Islande.
Raymond Domenech a-t-il entraîné l'OL ?
Oui, de 1988 à 1993, pour 202 matchs, 73 victoires, 62 nuls et 67 défaites. Il fait remonter le club en Division 1 en gagnant le championnat de Division 2 en 1989. Il est ensuite sélectionneur des espoirs de 1993 à 2004, puis de l'équipe de France de 2004 à 2010. Sa fiche d'entraîneur détaille ce mandat.
Quels clubs Raymond Domenech a-t-il connus après l'OL ?
Le RC Strasbourg de 1977 à 1981, avec le titre de champion de France 1979, le Paris Saint-Germain en 1981-1982 avec la Coupe de France 1982, les Girondins de Bordeaux de 1982 à 1984 avec le titre de 1984, puis le FC Mulhouse jusqu'en 1986. Sa carrière de joueur totalise 536 matchs et 20 buts.