Photo : Anthony_Réveillère_Euro_2012_vs_Spain.jpg: Станислав Ведмидь derivative work: Simo82, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Palmarès
- 2004 Champion de France (Olympique Lyonnais)
- 2005 Champion de France (Olympique Lyonnais)
- 2006 Champion de France (Olympique Lyonnais)
- 2007 Champion de France (Olympique Lyonnais)
- 2008 Champion de France (Olympique Lyonnais)
- 2008 Coupe de France (Olympique Lyonnais)
- 2012 Coupe de France (Olympique Lyonnais)
- 2003 Trophée des champions (Olympique Lyonnais)
- 2004 Trophée des champions (Olympique Lyonnais)
- 2006 Trophée des champions (Olympique Lyonnais)
- 2007 Trophée des champions (Olympique Lyonnais)
- 2012 Trophée des champions (Olympique Lyonnais)
- 2014 Coupe d'Italie (SSC Naples)
- 2011 Équipe-type de Ligue 1 UNFP
- 2010 Demi-finaliste Ligue des champions (Olympique Lyonnais)
- 2002 Vice-champion d'Europe espoirs (France)
- 1996 Vice-champion d'Europe -16 ans (France)
Dix ans à droite, dans le club qui changeait tout le reste
Entre l'été 2003 et l'été 2013, l'OL a usé sept entraîneurs, vendu Michael Essien, Karim Benzema, Hugo Lloris et Cris, quitté Gerland dans les têtes sinon dans les faits, gagné cinq championnats puis n'en a plus gagné aucun. Sur la même décennie, un seul joueur de champ occupe le même côté du terrain du premier au dernier jour : Anthony Réveillère.
Il n'a jamais été la star de ce vestiaire, ni même son deuxième couteau médiatique. Il a fait mieux que ça sur la durée : il a été le seul poste que le club n'a pas eu à traiter pendant dix ans. Aulas n'a jamais acheté d'arrière droit à plus de trois millions d'euros entre 2003 et 2013, parce que ce n'était pas nécessaire.
Le paradoxe, c'est que ce joueur d'une régularité de métronome est aussi celui dont personne n'arrive à établir le nombre exact de matchs. Trois chiffres circulent, 400, 413 et 424, tous les trois issus de Wikipédia, et aucun des trois ne résiste à une vérification ligne par ligne. C'est le sujet d'une section entière de cette page.
Vihiers, Angers, Rennes, Valence : la route jusqu'à Lyon
Né le 10 novembre 1979 à Doué-la-Fontaine, dans le Maine-et-Loire, il commence au Stade omnisports vihiersois à cinq ans, passe quatre ans au centre de formation du SCO Angers, puis rejoint le Stade rennais à dix-sept ans révolus. Il débute en première division le 3 février 1998 contre le SC Bastia, à dix-huit ans.
C'est Paul Le Guen qui l'installe dans le onze rennais, deux ans plus tard, pour une raison qui va le suivre toute sa carrière : il peut jouer les deux côtés. Cinq saisons en Bretagne, 140 matchs de Ligue 1 et 165 toutes compétitions, deux buts. En janvier 2003, à vingt-trois ans, il part six mois en prêt à Valence, alors champion d'Espagne en titre, et y dispute six matchs de Ligue des champions jusqu'en quart de finale.
Il rentre à Rennes en juin, et signe à Lyon dans la foulée. Le club vient d'enchaîner deux titres et Paul Le Guen, arrivé un an plus tôt, sait exactement ce qu'il achète. Réveillère a vingt-trois ans, une expérience européenne récente et une polyvalence rare. Il coûte environ 4,5 millions d'euros, ce qui, sur dix ans et près de quatre cents matchs, reste l'un des meilleurs rapports de l'histoire récente du club.
Ses dix saisons de Ligue 1, une par une
Deux cent quatre-vingt-six matchs de championnat sur dix saisons, alors que le club en a disputé 380 sur la période : il a joué 75 % des journées de Ligue 1 de l'OL entre 2003 et 2013, blessures comprises. Sur les dix saisons, huit dépassent les 27 matchs. Les deux exceptions ont chacune leur histoire, et ce sont les deux seules années où le club a dû se poser la question de son côté droit.
| Saison | Matchs L1 | Buts | L'OL en L1 | Ce qui s'est passé pour lui |
|---|---|---|---|---|
| 2003-2004 | 31 | 1 | 1er 🏆 | Première saison, titulaire immédiat |
| 2004-2005 | 33 | – | 1er 🏆 | Son plus haut total sous Le Guen |
| 2005-2006 | 20 | – | 1er 🏆 | Blessures, et l'éclosion de François Clerc |
| 2006-2007 | 30 | – | 1er 🏆 | Reprend le poste sous Houllier |
| 2007-2008 | 28 | 1 | 1er 🏆 | Doublé Coupe-Championnat |
| 2008-2009 | 19 | – | 3e | Ligament croisé rompu le 22 novembre |
| 2009-2010 | 30 | – | 2e | Demi-finale de C1, retour au premier plan |
| 2010-2011 | 35 | – | 3e | Équipe-type UNFP, sa meilleure saison |
| 2011-2012 | 33 | – | 4e | Coupe de France, finale de Coupe de la Ligue |
| 2012-2013 | 27 | 1 | 3e | Dernière saison, capitaine par intermittence |
| Total | 286 | 3 | 5 titres | 10 saisons |
Matchs et buts de Ligue 1 : Wikipédia, versions française et anglaise, qui donnent le même total de 286 matchs pour 3 buts. Les classements de l'OL sont ceux publiés sur les pages saisons de ce site. Ses trois buts de championnat en dix ans sont tombés lors de sa première saison, de sa cinquième et de sa dernière : le 22 décembre 2012 contre Nice, à la 56e minute, il marque son dernier but à Gerland.
Sa présence en championnat, saison par saison
La lecture du graphique tient en deux creux. En 2005-2006, il tombe à 20 matchs, la seule saison où un concurrent formé au club lui prend durablement la place. En 2008-2009, il tombe à 19 : il se rompt le ligament croisé au mois de novembre. Les huit autres saisons dessinent une ligne presque plate entre 27 et 35 matchs.
| Saison | Matchs de Ligue 1 |
|---|---|
| 2003-2004 | 31 |
| 2004-2005 | 33 |
| 2005-2006 | 20 |
| 2006-2007 | 30 |
| 2007-2008 | 28 |
| 2008-2009 | 19 |
| 2009-2010 | 30 |
| 2010-2011 | 35 |
| 2011-2012 | 33 |
| 2012-2013 | 27 |
Matchs de Ligue 1 disputés par saison sous le maillot lyonnais. Les deux barres claires sont les deux saisons à moins de 25 matchs.
Pourquoi son total de matchs varie de 400 à 424 selon les sources
Trois chiffres différents sont publiés pour le même joueur, et les trois viennent de Wikipédia. Deux d'entre eux figurent même sur la même page, à quelques milliers de lignes d'écart. C'est un cas d'école, et il vaut la peine d'être déroulé, parce que la plupart des sites de statistiques recopient l'un des trois sans dire lequel.
| Chiffre publié | Où on le trouve | Ce qu'il compte, apparemment |
|---|---|---|
| 400 | Classement des joueurs les plus utilisés, dans la liste des joueurs de l'OL | Non précisé |
| 413 | Infobox de sa fiche personnelle | Championnat + coupes nationales + Trophée des champions + Europe, avec une ligne européenne fausse |
| 424 | Tableau alphabétique de la même liste des joueurs de l'OL | Non précisé, référencé sur une base consultée en septembre 2012 |
Le 413 est le plus documenté, et c'est aussi celui qui se casse le plus facilement. Il repose sur un tableau détaillé qui crédite Réveillère de sept matchs de Ligue des champions en 2012-2013. Or l'OL n'a pas disputé la Ligue des champions cette saison-là : quatrième de Ligue 1 en 2011-2012, le club était en Ligue Europa, où il a joué exactement huit matchs, six de poule et deux contre Tottenham en seizièmes. Sept matchs de C1 fantômes suffisent à gonfler le total.
En reconstruisant compétition par compétition à partir des seules données que les deux versions de Wikipédia confirment, on obtient ceci :
| Compétition | Matchs | Buts | Fiabilité |
|---|---|---|---|
| Ligue 1 | 286 | 3 | Les deux versions donnent le même total |
| Coupes d'Europe | 79 | 2 | Détail par saison cohérent, recoupé sur les pages de saison |
| Trophée des champions | 6 | 0 | Six éditions disputées, cinq gagnées |
| Coupe de France et Coupe de la Ligue | 22 à 37 | 0 | Écart non résolu entre les deux versions |
| Total reconstruit | 393 à 408 | 5 | ≈ 400 |
Ce site retient environ 400 matchs, la seule valeur qui tombe à l'intérieur de l'intervalle reconstruit et qui soit par ailleurs publiée. Sur les buts, le même travail donne cinq réalisations et non six : trois en Ligue 1, une en Ligue des champions le 5 novembre 2008 contre le Steaua Bucarest, une en Ligue Europa le 4 octobre 2012 à Kiryat Shmona. Le sixième but que les deux infobox annoncent ne se retrouve sur aucune feuille de match.
Soixante-dix-neuf matchs européens, et cinq quarts de finale en huit ans
C'est la partie de sa carrière que l'on oublie le plus, et c'est pourtant celle qui l'a rendu visible hors de France. Entre 2003 et 2013, il dispute dix campagnes européennes consécutives avec l'OL, neuf en Ligue des champions et une en Ligue Europa. Sur la période, l'OL sort systématiquement de sa poule.
| Saison | Compétition | Ses matchs | Tour atteint par l'OL | Éliminé par |
|---|---|---|---|---|
| 2003-2004 | C1 | 8 | Quart de finale | FC Porto |
| 2004-2005 | C1 | 8 | Quart de finale | PSV Eindhoven, aux tirs au but |
| 2005-2006 | C1 | 7 | Quart de finale | AC Milan |
| 2006-2007 | C1 | 7 | Huitième de finale | AS Roma |
| 2007-2008 | C1 | 7 | Huitième de finale | Manchester United |
| 2008-2009 | C1 | 4 | Huitième de finale | FC Barcelone |
| 2009-2010 | C1 | 13 | Demi-finale | Bayern Munich |
| 2010-2011 | C1 | 8 | Huitième de finale | Real Madrid |
| 2011-2012 | C1 | 9 | Huitième de finale | APOEL Nicosie |
| 2012-2013 | C3 | 8 | Seizième de finale | Tottenham, et Hugo Lloris |
| Total | 10 campagnes | 79 | 2 buts | |
Détail par saison : Wikipédia en anglais, dont le tableau est le seul cohérent avec le parcours réel du club en 2012-2013. Les tours atteints sont ceux publiés sur les pages saisons de ce site. En comptant ses six matchs de C1 avec Valence au printemps 2003, il totalise 85 matchs européens en carrière de club.
Une ligne mérite d'être isolée. En huit ans, entre 2003 et 2010, il atteint cinq fois les quarts de finale de la Ligue des champions : une fois avec Valence, quatre fois avec Lyon. Peu de latéraux français des années 2000 peuvent en dire autant, et c'est cette régularité européenne, plus que ses performances en championnat, qui lui vaut d'être rappelé en équipe de France en 2010 après quatre ans et demi d'absence.
Ses campagnes européennes en un coup d'œil
La barre de 2009-2010 dit tout de cette saison : treize matchs, soit un tour préliminaire, une poule, un huitième contre le Real Madrid, un quart contre Bordeaux et une demi-finale contre le Bayern. Aucune autre année ne s'en approche.
| Saison | Matchs européens |
|---|---|
| 2003-2004 | 8 |
| 2004-2005 | 8 |
| 2005-2006 | 7 |
| 2006-2007 | 7 |
| 2007-2008 | 7 |
| 2008-2009 | 4 |
| 2009-2010 | 13 |
| 2010-2011 | 8 |
| 2011-2012 | 9 |
| 2012-2013 | 8 |
Matchs européens par saison. La barre rouge est la campagne 2009-2010, la seule demi-finale de Ligue des champions de l'histoire du club.
22 novembre 2008 : le ligament croisé qu'il refuse de faire opérer
Le 5 novembre 2008, il marque son premier but européen contre le Steaua Bucarest. Dix-sept jours plus tard, contre le Paris Saint-Germain, il se rompt le ligament croisé antéro-externe du genou gauche. Le club annonce un arrêt pour le reste de la saison, ce qui est le pronostic standard : une rupture des croisés, c'est une opération et huit mois.
Il refuse l'opération. Le protocole qu'il choisit consiste à densifier son quadriceps pour isoler mécaniquement le ligament et compenser sa fonction, un pari que très peu de joueurs professionnels ont tenté à ce niveau. Il rejoue le 11 avril 2009 contre Monaco, soit quatre mois et vingt jours après la blessure, contre l'avis des médecins et sous le scepticisme affiché de son entraîneur Claude Puel, qui juge le retour prématuré.
La suite lui donne raison de la manière la plus nette possible. La saison suivante, il joue 30 matchs de Ligue 1 et 13 matchs de Ligue des champions, dont les deux demi-finales. Il tient ensuite encore quatre saisons pleines, jusqu'à trente-trois ans, sans nouvelle blessure grave au genou. Il n'a jamais été opéré.
Les cinq mois entre la rupture et le retour
- 22 novembre 2008 : rupture du ligament croisé antéro-externe du genou gauche contre le PSG. Le club annonce une saison blanche.
- Fin novembre : il refuse l'opération et opte pour un renforcement du quadriceps destiné à isoler le ligament.
- 11 avril 2009 : retour contre l'AS Monaco, contre l'avis médical. Il termine la saison à 19 matchs de Ligue 1.
- 2009-2010 : 45 matchs toutes compétitions, dont les deux demi-finales de Ligue des champions contre le Bayern.
- 2010-2011 : 35 matchs de Ligue 1, son record personnel, et l'équipe-type UNFP de Ligue 1.
Le duel avec François Clerc, et pourquoi il l'a gagné
De 2005 à 2011, l'OL a possédé deux arrières droits internationaux au même moment. François Clerc, formé au club, plus rapide, plus offensif, prend la place en 2005-2006 et la garde une saison et demie. Puis les blessures s'enchaînent pour lui, et Réveillère ne la rend plus.
| Les arrières droits de l'OL, 2003-2013 | Période | Matchs à l'OL | Buts | Formé au club |
|---|---|---|---|---|
| Anthony Réveillère | 2003-2013 | ≈ 400 | 5 | Non |
| François Clerc | 2003-2004, 2005-2010 | 114 | 2 | Oui |
| Mouhamadou Dabo | 2011-2015 | 91 | 1 | Non |
| Christophe Jallet | 2014-2017 | 92 | 4 | Non |
Totaux issus de la base de 609 joueurs de ce site. Jallet arrive un an après le départ de Réveillère : sur dix ans, le club n'a jamais eu à recruter un titulaire à ce poste, ce qui est unique dans l'effectif de l'époque.
La comparaison la plus parlante n'est pas dans les chiffres bruts mais dans leur répartition. Clerc a joué 114 matchs en six saisons lyonnaises, Réveillère en a joué près de quatre cents en dix. Le premier était sans doute le meilleur joueur les jours où il jouait. Le second jouait tous les jours.
Sa place dans l'histoire du club
Avec environ 400 matchs, Anthony Réveillère se situe au huitième rang des joueurs les plus utilisés de l'histoire de l'OL, dans une base qui recense 609 joueurs depuis 1950 dont 566 sont chiffrés. Il est le deuxième défenseur du classement, derrière un homme qui a joué douze ans au club dans les années 1950 et 1960.
| Rang | Défenseur | Période | Matchs | Buts |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Aimé Mignot | 1955-1967 | 424 | 1 |
| 2 | Anthony Réveillère | 2003-2013 | ≈ 400 | 5 |
| 3 | Cris | 2004-2012 | 312 | 27 |
| 4 | Bernard Lhomme | 1966-1976 | 294 | 4 |
| 5 | Raymond Domenech | 1970-1978 | 293 | 12 |
| 6 | Alain Olio | 1976-1984, 1985-1986 | 289 | 14 |
| 7 | Ljubomir Mihajlović | 1970-1977 | 279 | 2 |
| 8 | Florent Laville | 1993-2003 | 268 | 4 |
Classement établi sur les 587 joueurs chiffrés de la base de ce site. Réveillère et Cris ont formé la même arrière-garde pendant huit saisons, de 2004 à 2012 : ce sont les deux défenseurs les plus utilisés de l'histoire moderne du club, et ils ont joué ensemble.
Un autre classement le situe mieux encore. Cinq joueurs ont participé aux cinq derniers titres de la série de sept, entre 2004 et 2008. Voici ce qu'ils sont devenus ensuite.
| Champion 2004 à 2008 | Période à l'OL | Saisons encore jouées après 2008 | Matchs à l'OL |
|---|---|---|---|
| Anthony Réveillère | 2003-2013 | 5 | ≈ 400 |
| Sidney Govou | 1999-2010 | 2 | 412 |
| Juninho | 2001-2009 | 1 | 344 |
| Grégory Coupet | 1997-2008 | 0 | 519 |
| Patrick Müller | 2000-2004, 2006-2008 | 0 | 220 |
Le dernier titre de champion tombe en mai 2008. Coupet et Müller partent dans la foulée, Juninho un an plus tard, Govou en 2010. Réveillère joue encore cinq saisons pleines : il est le dernier champion 2008 encore en activité à Lyon, et il quitte le club au moment où le stade de Décines sort de terre.
Vingt sélections, quatre sélectionneurs, quatre ans et demi de trou
Sa carrière internationale ressemble à une série de fenêtres qui s'ouvrent et se referment. Convoqué par Jacques Santini, il est titulaire pour sa première, le 11 octobre 2003 au Stade de France contre Israël, une victoire 3-0 en éliminatoires de l'Euro 2004. Puis plus rien pendant dix-neuf mois. Trois sélections à l'automne 2005, puis un trou de quatre ans et sept mois, de novembre 2005 à juin 2010.
| Sélectionneur | Période | Sélections | Ce qui s'est passé |
|---|---|---|---|
| Jacques Santini | 2003 | 1 | Première cape, titulaire contre Israël |
| Raymond Domenech | 2005-2010 | 5 | Non retenu pour le Mondial 2006, retenu en 2010 sans jouer |
| Laurent Blanc | 2010-2012 | 12 | Son seul but, et le quart de finale de l'Euro 2012 |
| Didier Deschamps | 2012 | 2 | Finlande et Italie, ses deux dernières |
| Total | 2003-2012 | 20 | 1 but |
Répartition établie à partir de la liste de ses vingt matchs internationaux publiée par Wikipédia. Douze de ses vingt sélections tombent sous Laurent Blanc, entre octobre 2010 et juin 2012, c'est-à-dire après ses trente et un ans.
Son unique but en bleu a une particularité qui résume sa carrière. Le 7 octobre 2011 contre l'Albanie, il entre à la mi-temps à la place de Patrice Évra, donc à l'arrière gauche, et marque du pied gauche à la 67e minute dans une victoire 3-0. Le joueur classé arrière droit toute sa vie inscrit son seul but international à l'autre bout de la défense, du mauvais pied.
À l'Euro 2012, barré par Mathieu Debuchy, il ne joue aucun match de poule. Il est titulaire au quart de finale, le 23 juin à Donetsk, une défaite 0-2 contre l'Espagne qui sera championne d'Europe deux matchs plus tard. C'est sa dernière compétition internationale.
Recalé par le PSG à la visite médicale, puis par l'OM à la table des négociations
Sa fin lyonnaise se joue en deux épisodes qui se terminent tous les deux de la même façon. En août 2012, l'OL et le PSG s'entendent sur un échange : Milan Biševac descend à Lyon, Réveillère monte à Paris. Le transfert est annoncé, puis annulé : il ne donne pas satisfaction à la visite médicale parisienne. Biševac vient quand même. Réveillère reste, et joue 27 matchs de championnat.
Un an plus tard, en septembre 2013, il est libre et d'accord avec l'Olympique de Marseille. Le club le recale à son tour, faute d'accord final. À trente-trois ans, il se retrouve sans club en pleine saison.
Le 8 novembre 2013, il signe à Naples pour huit mois. Il y joue 18 matchs et gagne la Coupe d'Italie 2014, un trophée que la plupart des joueurs de sa génération n'ont pas. Son contrat n'est pas renouvelé le 21 mai 2014. Le 23 octobre suivant, il s'engage à Sunderland jusqu'à la fin de la saison : 17 matchs en Premier League à trente-cinq ans, dans une équipe qui lutte pour le maintien.
Le 9 novembre 2015, le jour de ses trente-six ans, il annonce qu'il arrête. Il n'aura jamais rejoué en France après son départ de Lyon.
Carrière complète en club
| Club | Pays | Période | Matchs | Buts |
|---|---|---|---|---|
| Stade rennais | 🇫🇷 | 1998-2003 | 165 | 2 |
| Valence CF (prêt) | 🇪🇸 | janv.-juin 2003 | 24 | 1 |
| Olympique Lyonnais | 🇫🇷 | 2003-2013 | ≈ 400 | 5 |
| SSC Naples | 🇮🇹 | 2013-2014 | 18 | 0 |
| Sunderland AFC | 🏴 | 2014-2015 | 17 | 0 |
| Total carrière professionnelle | ≈ 624 | 8 | ||
Source : Wikipédia, versions française et anglaise. Le total de carrière habituellement publié est de 637 matchs pour 9 buts : il repose sur le total lyonnais de 413, dont cette page explique pourquoi il est surévalué. Son passage à l'OL représente à lui seul les deux tiers de sa carrière.
Ce qu'il faisait bien
- La vitesse dans le couloir. C'est la qualité que Wikipédia retient en premier et que les entraîneurs successifs ont exploitée : capable de faire le couloir entier dans les deux sens sans perdre en lucidité en fin de match.
- Les deux côtés. C'est ce qui l'a lancé à Rennes sous Paul Le Guen, et ce qui lui a valu douze de ses vingt sélections sous Laurent Blanc, souvent à gauche. Son unique but international est marqué du pied gauche, en tant qu'arrière gauche.
- La conduite de balle. Rare chez les latéraux défensifs de cette époque : il portait le ballon vers l'avant plutôt que de le rendre systématiquement au milieu.
- La disponibilité. 75 % des journées de Ligue 1 de l'OL sur dix ans, en incluant une saison amputée par une rupture des ligaments croisés. C'est le vrai chiffre de sa carrière lyonnaise.
- Ce qui manquait : le centre décisif et le but. Cinq buts et une poignée de passes décisives en dix ans, pour un joueur qui montait pourtant beaucoup. Il n'a jamais été un latéral offensif au sens moderne du terme.
Le premier point est repris de la description de son style de jeu par Wikipédia. Les suivants sont des appréciations, assumées comme telles, appuyées sur les rôles que lui ont confiés Paul Le Guen, Gérard Houllier, Alain Perrin, Claude Puel, Rémi Garde et Laurent Blanc en sélection.
Trois choses à savoir sur Anthony Réveillère
- Il a atteint cinq fois les quarts de finale de la Ligue des champions en huit ans, entre 2003 et 2010, dont une fois avec Valence avant même d'arriver à Lyon.
- Il ne s'est jamais fait opérer du ligament croisé qu'il a rompu en novembre 2008, et il a rejoué cinq saisons pleines derrière, jusqu'à trente-trois ans.
- Il est le dernier champion de France 2008 à avoir quitté le club : cinq saisons après le dernier titre, il portait encore le maillot, quand Coupet, Müller, Juninho et Govou étaient tous partis.
Après la carrière : Limoges, GOAL FC, OLPLAY
À la rentrée 2017, il s'inscrit à la formation de manager général de club sportif du Centre de droit et d'économie du sport de Limoges, la filière classique des joueurs qui veulent passer de l'autre côté. Le 22 octobre 2019, il devient directeur sportif du Monts d'Or Anse Foot, club amateur de l'ouest lyonnais rebaptisé GOAL FC l'été suivant, où son ancien coéquipier Cris est entraîneur. Il y reste jusqu'à fin mai 2022, la dernière année comme conseiller du président.
En juillet 2023, il revient à l'OL sous une autre casquette : consultant pour OLPLAY, la plateforme vidéo du club. Vingt ans après sa signature, il commente les matchs d'un club dont il a joué un cinquième des rencontres de première division depuis 1950.
Les saisons de l'OL qu'il a traversées :
Questions fréquentes sur Anthony Réveillère
Combien de matchs Anthony Réveillère a-t-il joués à l'OL ?
Environ 400 matchs officiels en dix saisons, dont 286 en Ligue 1 et 79 en coupes d'Europe, ces deux chiffres étant les seuls que les sources recoupent sans écart. Les totaux publiés varient de 400 à 424 selon les tableaux, y compris à l'intérieur d'une même page de Wikipédia : le détail est expliqué ici.
Pourquoi trouve-t-on 400, 413 et 424 matchs selon les sources ?
Les trois chiffres viennent de Wikipédia. 424 figure dans le tableau alphabétique de la liste des joueurs de l'OL, 400 dans le classement des plus utilisés de cette même page, 413 dans l'infobox de sa fiche personnelle. Ce dernier total s'appuie sur un tableau qui lui attribue sept matchs de Ligue des champions en 2012-2013, une saison où l'OL n'a disputé que la Ligue Europa. Le décompte reconstruit compétition par compétition donne entre 393 et 408 matchs.
Anthony Réveillère a-t-il refusé de se faire opérer du ligament croisé ?
Oui. Après sa rupture du ligament croisé antéro-externe du genou gauche contre le PSG le 22 novembre 2008, il refuse l'opération et choisit de densifier son quadriceps pour isoler le ligament. Il rejoue le 11 avril 2009 contre Monaco, contre l'avis des médecins et sous le scepticisme de son entraîneur Claude Puel. Il joue 45 matchs la saison suivante, dont les deux demi-finales de Ligue des champions.
Combien de titres Anthony Réveillère a-t-il gagnés avec l'OL ?
Douze : cinq championnats de France consécutifs (2004, 2005, 2006, 2007, 2008), deux Coupes de France (2008 et 2012) et cinq Trophées des champions (2003, 2004, 2006, 2007, 2012). Il a également disputé, et perdu, le Trophée des champions 2008 et la finale de la Coupe de la Ligue 2012.
Pourquoi n'a-t-il eu que 20 sélections en équipe de France ?
Parce qu'il a occupé pendant dix ans un poste tenu en équipe de France par Willy Sagnol puis Bacary Sagna et Mathieu Debuchy. Entre novembre 2005 et juin 2010, il passe quatre ans et sept mois sans la moindre sélection. Ses 20 capes sont réparties sur quatre sélectionneurs : Jacques Santini, Raymond Domenech, Laurent Blanc et Didier Deschamps.
Que fait Anthony Réveillère aujourd'hui ?
Il est consultant pour OLPLAY, la plateforme vidéo officielle de l'Olympique lyonnais, depuis juillet 2023. Il avait auparavant été directeur sportif du club amateur de l'ouest lyonnais devenu GOAL FC, d'octobre 2019 à mai 2022, aux côtés de son ancien coéquipier Cris.