Photo : Benoît Prieur, CC0, via Wikimedia Commons
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Le chouchou de Gerland
Sidney Govou arrive au centre de formation de l'OL en 1997, à 18 ans, après une formation entre Brives-Charensac et le Puy-Foot en Haute-Loire. Il intègre le groupe professionnel début 2000 et dispute son premier match de D1 le 15 janvier contre Auxerre. Il fait rapidement parler de lui : rapide, travailleur, altruiste, capable de jouer ailier droit ou attaquant axial. Sa première saison pleine, 2001-2002, coïncide avec le premier titre de champion de France de l'histoire du club. Govou inscrit 10 buts en L1, devient titulaire, offre plusieurs prestations marquantes en Ligue des champions, et l'UNFP l'élit meilleur espoir de D1.
Sa longévité au club est un phénomène à part entière. De 1999 à 2010, onze saisons, il est présent à chacun des sept titres consécutifs. Il dispute les grandes nuits européennes de Gerland, les demi-finales de Ligue des champions, les finales de Coupe de France. Son but en prolongation contre le PSG en finale 2008, sa soirée contre le Bayern en LDC 2001, son doublé contre l'Italie en septembre 2006 : des moments qui appartiennent au patrimoine du club et de l'histoire du football français. À l'été 2010, après 11 saisons, il quitte l'OL pour le Panathinaïkos. Il restera pour toujours l'un des symboles de l'ère Aulas-Lacombe.
Stats saison par saison à l'OL
Onze saisons en professionnel, toutes à l'OL. Détails par compétition (Ligue 1, Coupes, Europe).
| Saison | L1 (m/b) | CdF (m/b) | CdL (m/b) | Europe (m/b) | Total m/b | Titre |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1999–2000 | 4 / 0 | 3 / 2 | 0 / 0 | 0 / 0 | 7 / 2 | |
| 2000–2001 | 28 / 5 | 4 / 1 | 4 / 1 | 8 / 2 | 44 / 9 | |
| 2001–2002 | 29 / 10 | 1 / 0 | 2 / 0 | 9 / 3 | 41 / 13 | L1 |
| 2002–2003 | 29 / 7 | 1 / 0 | 1 / 2 | 5 / 2 | 36 / 11 | L1 |
| 2003–2004 | 26 / 3 | 3 / 2 | 1 / 0 | 12 / 1 | 42 / 6 | L1 |
| 2004–2005 | 36 / 8 | 2 / 0 | 1 / 0 | 14 / 0 | 53 / 8 | L1 |
| 2005–2006 | 35 / 5 | 3 / 1 | 1 / 1 | 14 / 1 | 53 / 8 | L1 |
| 2006–2007 | 28 / 1 | 2 / 1 | 4 / 1 | 10 / 2 | 44 / 5 | L1 |
| 2007–2008 | 32 / 7 | 4 / 1 | 1 / 0 | 14 / 3 | 51 / 11 | L1 |
| 2008–2009 | 15 / 1 | 1 / 0 | 0 / 0 | 9 / 4 | 25 / 5 | |
| 2009–2010 | 30 / 2 | 1 / 0 | 1 / 0 | 21 / 1 | 53 / 3 | |
| Total OL | 292 / 49 | ~25 / ~8 | ~16 / ~5 | ~116 / ~19 | 406 / 73 | 7 |
Données L1 vérifiées (292M, 49B). Europe et coupes = estimations (~). Total officiel toutes compétitions : 406 matchs, 73 buts (source Wikipedia).
Trophée des Champions 2002, 2004, 2005, 2007 : 4 finales remportées (non incluses dans le détail ci-dessus).
Évolution des matchs saison par saison
Progression régulière jusqu'au pic 2004-2008, où il enchaîne les saisons à plus de 50 matchs toutes compétitions.
| Saison | Matchs toutes comp. |
|---|---|
| 1999-2000 | 7 |
| 2000-2001 | 44 |
| 2001-2002 | 41 |
| 2002-2003 | 36 |
| 2003-2004 | 42 |
| 2004-2005 | 53 |
| 2005-2006 | 53 |
| 2006-2007 | 44 |
| 2007-2008 | 51 |
| 2008-2009 | 25 |
| 2009-2010 | 53 |
Répartition des matchs par compétition
Plus de 110 matchs européens sur 11 saisons : une contribution continentale hors normes.
Répartition des 73 buts à l'OL
Ce qui faisait de Govou un ailier si difficile à défendre
L'accélération foudroyante. Govou n'est pas un coureur de fond, il est un explosif. Ses 10 à 15 premiers mètres sont parmi les plus rapides de Ligue 1 sur sa période 2001-2008. Il part dans le dos, prend le tempo d'un coup, et le défenseur se retrouve à courir après une ombre. Sa vitesse ne lui sert pas seulement à centrer ou à tirer : elle crée de l'espace pour ses partenaires, oblige les arrières latéraux adverses à reculer et libère des couloirs pour Juninho ou Benzema.
Le pressing invisible mais constant. À l'OL, on lui demande de défendre autant que d'attaquer. Govou l'accepte sans se plaindre. Il court en sens inverse pour gêner la construction adverse, revient dans le camp lyonnais lors des phases défensives, couvre son arrière latéral. Ce travail ne figure dans aucune statistique officielle des années 2000, mais tous les entraîneurs qui l'ont eu le citent en premier quand on leur parle de son profil. Il a façonné un rapport au jeu désintéressé rare chez un ailier.
La simplification juste. Govou ne dribble pas pour dribbler. Il va à l'essentiel : centre, passe, frappe, ou appel. En Ligue des champions lors de la saison 2004-05, il accumule cinq passes décisives en phase éliminatoire. Ce n'est pas le joueur qui garde le ballon trop longtemps, ce n'est pas celui qui cherche la demi-volée impossible. Il fait le bon choix vite. Dans un système aussi bien huilé que celui de l'OL sous Houllier ou Gérard, cet altruisme est une qualité fondatrice.
La résistance physique. Onze saisons dans la peau d'un ailier dans le championnat le plus exigeant d'Europe, avec 406 matchs au compteur, c'est une performance physique. Govou entretient son corps avec rigueur. La seule grave blessure de sa période lyonnaise (rupture du tendon d'Achille, saison 2008-09) arrive quand il a déjà 29 ans. Pour quelqu'un qui court aussi vite et aussi souvent sur 11 saisons, c'est un bilan remarquable.
En sélection nationale
Première sélection le 21 août 2002 contre la Tunisie. 49 matchs, 10 buts, de 2002 à 2010. Un parcours international solide, porté par quelques soirées emblématiques.
| Compétition | Année | Résultat France | Rôle Govou |
|---|---|---|---|
| Coupe des Confédérations | 2003 | Vainqueur | Titulaire, 3 matchs |
| Coupe du monde | 2006 (Allemagne) | Finaliste (défaite TAB vs Italie) | 4 matchs |
| Euro | 2008 (Autriche/Suisse) | 1er tour (élimination) | 2 matchs, numéro 10 |
| Coupe du monde | 2010 (Afrique du Sud) | 1er tour (affaire Knysna) | 2 matchs, dernier tournoi |
Sur la scène internationale, Govou marque les esprits à plusieurs reprises. Le 6 septembre 2006, lors d'un match de qualification pour l'Euro 2008 contre l'Italie, il inscrit un doublé qui permet à la France de s'imposer 3-1. Le 29 mars 2008, contre la Suède, il marque deux fois dans une victoire 3-0. Ses 10 buts en 49 sélections en font l'un des ailiers français les plus efficaces de sa génération. En 2008 et 2010, après la retraite de Zidane, il porte le numéro 10 des Bleus, héritage symbolique d'une génération à l'autre.
Cinq moments qui résument Govou
La nuit qui fait entrer Sidney Govou dans la grande histoire lyonnaise. Phase de groupes de Ligue des champions, Gerland reçoit le Bayern Munich. Govou, 22 ans, titularisé sur le côté droit, inscrit deux buts en première période. L'OL s'impose 3-0. À partir de cette soirée, le public lyonnais l'adopte définitivement, et la porte de l'équipe de France s'ouvre à lui peu après.
Sidney Govou est l'un des cinq joueurs à avoir remporté les sept titres consécutifs avec l'OL. Avec Juninho, Coupet, Cris et Cacapa, il fait partie du club très fermé des "septennaux". Aucun autre club français n'a enchaîné autant de titres dans l'histoire de la Ligue 1. Govou est là à la première et à la septième. C'est lui qui incarne le mieux la continuité de cette époque.
Un mois après la finale du Mondial 2006 perdue aux tirs au but contre l'Italie, la France retrouve les Azzurri en qualifications pour l'Euro 2008. Govou inscrit deux buts dans une victoire 3-1 mémorable. Le match est une revanche symbolique pour tous les Bleus, et Govou en est le héros. Ce soir-là, il confirme son statut de titulaire indiscutable en équipe de France.
Finale de la Coupe de France OL-PSG, 0-0 au bout du temps réglementaire. Entré en jeu en seconde période, Sidney Govou inscrit en prolongation le but qui offre le trophée à l'OL. Un moment gravé dans la mémoire du club et de son public. C'est la première et la seule Coupe de France remportée pendant ses onze saisons lyonnaises. Son but arrive à la 99e minute.
Sa dernière saison lyonnaise est un hommage à sa longévité. 21 matchs de Ligue des champions, une demi-finale atteinte contre le Bayern Munich. Il quitte le club quelques semaines plus tard, à 30 ans, après 11 saisons. Son histoire avec l'OL se boucle sur sa plus belle campagne continentale. Une sortie par la grande porte.
Carrière complète en club
| Club | Période | Matchs | Buts | Faits marquants |
|---|---|---|---|---|
| Centre formation OL | 1997–1999 | – | – | Intègre l'OL à 18 ans après le Bac S |
| Olympique Lyonnais | 1999–2010 | 406 | 73 | 7 titres L1 consécutifs, CdF 2008 |
| Panathinaïkos | 2010–2011 | 24 | 3 | Super League grecque, une saison |
| Évian Thonon Gaillard | 2011–2013 | 43 | 2 | Retour L1, rupture tendon 2012 |
| FC Miami City | 2014 | 11 | 3 | PDL américaine, Floride |
| Chasselay / FC Limonest | 2013–2017 | – | – | Fin de carrière, banlieue lyonnaise |
Source : Wikipedia. Retraite officielle en 2017, à 37 ans. Diplômé DESJEPS football en 2021, analyste Canal+ et conseiller municipal Saint-Didier-au-Mont-d'Or.
Trois choses à savoir sur Sidney Govou
Son prénom vient d'un acteur de cinéma américain
Son père était un grand fan de l'acteur américain Sidney Poitier, premier acteur noir à remporter un Oscar en 1964. C'est en son hommage que le petit Sidney Rodrigue Noukpo Govou a reçu ce prénom. Peu de footballeurs professionnels peuvent se targuer d'une telle origine pour leur prénom, et encore moins le savoir. Govou l'assume et en parle volontiers.
Il a passé son Bac S avant d'entrer au centre de formation
Quand le FC Nantes lui propose un essai à 17 ans, Govou refuse pour finir son lycée. Il obtient son baccalauréat scientifique, puis rejoint l'OL à 18 ans. Dans le monde du football professionnel où les jeunes talents sacrifient souvent leur scolarité pour accélérer leur carrière, ce choix est exceptionnel. Il est l'un des très rares joueurs de sa génération à avoir un Bac S avant d'intégrer un centre de formation de L1.
Il a porté le numéro 10 de Zidane en Bleus
Après la retraite de Zinédine Zidane en juillet 2006, le numéro 10 de l'équipe de France est resté vacant. L'encadrement des Bleus a choisi Sidney Govou pour le porter à l'Euro 2008 en Autriche et en Suisse, puis à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Le poids symbolique de ce numéro, héritage direct de Zidane, Platini, Rocheteau, est considérable. Govou l'a porté avec sérieux et humilité.
Évolution de la valeur marchande
| Valeur marchande estimée (M€) | |
|---|---|
| 2001 | 2 |
| 2002 | 4 |
| 2003 | 6 |
| 2005 | 12 |
| 2006 | 10 |
| 2008 | 8 |
| 2009 | 4 |
| 2010 | 2 |
Formé au club, jamais revendu. Sa valeur marchande traduit sa progression individuelle et son rôle dans l'ère dorée, jusqu'à la rupture du tendon d'Achille en 2008-09. Estimations basées sur données Transfermarkt et marchés contemporains.
Saisons jouées à l'OL :
Questions fréquentes sur Sidney Govou
Combien de matchs et de titres Sidney Govou a-t-il à l'OL ?
406 matchs et 73 buts en 11 saisons (1999-2010). Il a remporté les sept titres de champion de France consécutifs, étant l'un des cinq joueurs à les avoir tous gagnés, plus la Coupe de France 2008 et la Coupe de la Ligue 2001.
Sidney Govou est-il un pur produit de la formation de l'OL ?
Oui. Arrivé au centre de formation en 1997, il dispute son premier match professionnel le 15 janvier 2000 contre Auxerre et ne quitte le club qu'à l'été 2010, pour le Panathinaïkos.
Combien de sélections Sidney Govou compte-t-il en équipe de France ?
49 sélections et 10 buts entre 2002 et 2010. Vainqueur de la Coupe des Confédérations 2003 et finaliste de la Coupe du monde 2006, il a porté le numéro 10 des Bleus après la retraite de Zinédine Zidane.
Quel est le moment fort de Govou en Coupe de France ?
Le 24 mai 2008, entré en jeu en finale face au PSG, il inscrit en prolongation (99e minute) le but qui offre la Coupe de France à l'OL. C'est la seule Coupe de France de ses onze saisons lyonnaises.
D'où vient le prénom Sidney de Govou ?
Son père était un grand admirateur de l'acteur américain Sidney Poitier, premier acteur noir oscarisé en 1964. C'est en son hommage qu'il a été prénommé Sidney.