Photo : NL-HaNA, ANEFO / neg. stroken, 1945-1989, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Le Sphinx de Saint-Étienne
Robert Herbin a passé sa carrière entière à l'AS Saint-Étienne. Joueur de 1957 à 1972 (plus un match symbolique en 1975 comme entraîneur-joueur), il dispute 492 matchs professionnels sous le maillot vert, inscrivant 98 buts en tant que défenseur, un ratio exceptionnel pour le poste. Il y remporte six titres de champion de France (1964, 1967, 1968, 1969, 1970, 1975) et trois Coupes de France (1962, 1968, 1970).
Son père était premier tromboniste à l'opéra de Nice. Herbin lui-même était passionné de musique classique, une sensibilité artistique qui tranchait avec l'image austère que lui prêtaient les médias. Son surnom, "le Sphinx", venait de son visage impassible, de ses rares prises de parole, de ce calme énigmatique qu'il cultivait en toutes circonstances. Innovateur de l'entraînement, il est le premier en France à avoir institué des séances physiques sans ballon.
Entraîneur de l'ASSE : l'âge d'or (1972–1983)
En 1972, Herbin raccroche les crampons et prend le banc de l'équipe qu'il venait de servir onze ans. Ce sera une décennie d'exception : 281 victoires, 125 nuls, 110 défaites, quatre titres de champion de France (1974, 1975, 1976, 1981), trois Coupes de France (1974, 1975, 1977), et surtout la finale de la Coupe des Champions 1976.
Herbin emmène Saint-Étienne jusqu'à la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions. L'ASSE s'incline 1-0 face au Bayern Munich. C'est la plus belle nuit du football français de l'époque. Dans ce match légendaire, Santini frappe la barre. Herbin était sur le banc. Le club complexe de la Loire à 90 minutes du toit de l'Europe, il ne passera jamais aussi près.
Il est élu meilleur entraîneur français en 1973 et 1976 par France Football, reconnaissance de ses pairs pour un travail qui a hissé l'ASSE au sommet du football continental.
Champion de France… en tant qu'entraîneur-joueur. Herbin avait raccroché en 1972. En mai 1975, alors qu'il dirige l'équipe depuis trois ans, il s'inscrit lui-même sur la feuille de match du dernier match de la saison et entre en jeu. Saint-Étienne est champion. Robert Herbin devient ainsi l'un des très rares hommes du football français sacrés champions de France comme entraîneur et comme joueur la même année, et c'est ce titre qui porte son total de champion de France « joueur » à six.
Entraîneur de l'OL : un passage en Division 2 (1983–1985)
Herbin quitte Saint-Étienne après onze ans sur le banc des Verts et rejoint l'Olympique Lyonnais dès février 1983, en pleine saison 1982-1983. Le club est alors, selon la formule consacrée, « à l'agonie » : 19e de Division 1 sur 20, 28 points, 77 buts encaissés. Herbin obtient de réels progrès en trois mois, mais l'écart est trop grand : l'OL est relégué en Division 2, pour la première fois depuis 1954.
Il reste et prend le club en main pour deux saisons complètes de deuxième division. Sa mission est claire : faire remonter. Il termine 3e en 1983-1984 (47 points, 17V-13N-6D, seulement 26 buts encaissés, la meilleure défense de son groupe) puis 7e en 1984-1985. Insuffisant. Son contrat n'est pas renouvelé. Son bilan lyonnais complet : 44 victoires, 26 nuls et 30 défaites en 100 matchs.
44 victoires, 26 nuls, 30 défaites à l'OL. Source : Wikipedia.
Le club restera englué en Division 2 jusqu'en 1989, et ne devra sa remontée qu'à Raymond Domenech. Pour un entraîneur habitué aux titres, c'est un épisode douloureux. Herbin ne réussit pas à relancer un club qui manque encore des structures nécessaires à la compétition au plus haut niveau. Après Lyon, il rebondira à l'Al-Nassr (Arabie saoudite), au RC Strasbourg, puis retrouvera son ASSE comme entraîneur (1987-1990) et le Red Star.
À noter : Robert Herbin est le troisième ancien joueur de l'ASSE à prendre le banc de l'OL, après Manuel Fernández (ASSE 1947-1955, entraîneur de l'OL en 1961-62) et Aimé Jacquet (ASSE 1960-1973, entraîneur de l'OL de 1976 à 1980). Jacques Santini suivra en 2000. Herbin et Santini étaient d'ailleurs tous deux à Glasgow en 1976 pour la finale de la Coupe d'Europe, l'un sur le banc, l'autre sur le terrain.
Palmarès complet
| Compétition | Nombre | Détails |
|---|---|---|
| Champion de France (entraîneur) | 4 | ASSE 1974, 1975, 1976, 1981 |
| Coupe de France (entraîneur) | 3 | ASSE 1974, 1975, 1977 |
| Finaliste Coupe des Champions (entraîneur) | 1 | ASSE 1976 (0-1 vs Bayern) |
| Meilleur entraîneur français | 2 | 1973, 1976 |
| Champion de France (joueur) | 6 | ASSE 1964, 67, 68, 69, 70, 75 |
| Coupe de France (joueur) | 3 | ASSE 1962, 1968, 1970 |
Questions fréquentes sur Robert Herbin
Quand Robert Herbin a-t-il entraîné l'OL ?
De février 1983 à l'été 1985. Il arrive en cours de saison 1982-1983, alors que l'OL est 19e de Division 1, et ne peut éviter la relégation malgré de réels progrès. Il dirige ensuite deux saisons de Division 2 (3e puis 7e) sans obtenir la remontée. Son bilan lyonnais est de 44 victoires, 26 nuls et 30 défaites en 100 matchs.
Pourquoi Robert Herbin était-il surnommé le Sphinx ?
À cause de son visage impassible, de ses rares prises de parole et de ce calme énigmatique qu'il cultivait en toutes circonstances.
Quel est le palmarès de Robert Herbin ?
À Saint-Étienne, il gagne 6 titres de champion de France comme joueur et 4 comme entraîneur, plus plusieurs Coupes de France, et atteint la finale de la Coupe des Champions 1976, perdue 1-0 contre le Bayern Munich.
Pourquoi son passage à l'OL est-il particulier ?
Parce que Herbin est une légende de l'AS Saint-Étienne, le grand rival de l'OL. Voir un Stéphanois historique sur le banc lyonnais ne manque pas d'ironie.
Quels clubs Robert Herbin a-t-il entraînés après l'OL ?
Après Lyon, il dirige Al-Nassr en Arabie saoudite, le RC Strasbourg, retrouve son ASSE de 1987 à 1990, puis le Red Star.