Un défenseur trouvé pendant des vacances
Rien ne destinait André Lerond au football professionnel. Né au Havre le 6 décembre 1930, il quitte la ville en 1940, la guerre poussant sa famille vers le Cotentin. Orphelin très tôt, élevé par son grand-père, il commence le football à dix ans au FC Coutainville, puis joue au CS Coutançais où il occupe tous les postes, y compris celui de gardien. Cadet, il est déjà capitaine de l'équipe première en promotion d'honneur. À la mort de son grand-père, il se retrouve seul et se destine au métier de comptable.
Ce qui suit tient au hasard. En vacances à Antibes, il assiste à un match amical de l'AS Monaco contre Saint-Raphaël. Les Monégasques n'ont pas d'arrière central disponible. Un entraîneur présent, Fernand Planquès, propose de l'essayer. À la fin du match, Monaco veut l'engager ; il choisit l'AS Cannes, où il ne restera que quelques mois avant que les difficultés financières du club ne le poussent vers la sortie.
Huit saisons à l'Olympique Lyonnais
Il rejoint l'OL en cours de saison 1951-1952. Son salaire à l'arrivée dit assez son statut, 220 francs par mois, quand deux de ses coéquipiers, Grillon et Flamion, en touchent entre 4 000 et 5 000.
Il s'y impose immédiatement, sur huit saisons et 246 matchs, malgré une descente en Division 2 dès sa première année. Le public de Gerland lui donne un surnom qui n'était pas donné à tout le monde : « Monsieur Lerond ». Il le sait, et déclarera que « les spectateurs lyonnais sont les meilleurs du monde ».
France Football le décrira ainsi en 2007 : « D'un gabarit moyen, mais très rapide, excellent technicien, calme et toujours bien placé, André Lerond était un footballeur extrêmement doué. »
La base de ce site le crédite de 258 matchs, sa fiche Wikipédia de 246. L'écart de douze rencontres tient probablement à la comptabilisation des matchs de coupe et de barrages des saisons de Division 2.
Troisième du monde, en étant lyonnais
C'est le fait qui distingue André Lerond de tous les joueurs de l'Olympique Lyonnais de sa génération.
L'équipe de France de Kopa et Fontaine termine troisième de la Coupe du monde, le meilleur résultat français jusqu'en 1982. André Lerond dispute la grande majorité des matchs de la compétition.
Il est alors, et depuis sept ans, joueur de l'Olympique Lyonnais.
Le club n'avait alors rien gagné et n'avait pas encore huit ans d'existence. Il fournissait pourtant un titulaire à l'équipe de France la plus performante de son histoire à cette date.
Trente-et-une sélections, dix fois capitaine
Sa carrière internationale commence par sept sélections en équipe de France B. C'est le professeur Trillat, dont il était très proche au point de « le considérer comme son grand frère », qui lui annonce sa première convocation en A.
| Repère | Détail |
|---|---|
| Première sélection | 6 octobre 1957, contre la Hongrie |
| Dernière sélection | 28 avril 1963 |
| Total | 31 sélections, aucun but |
| Dont capitaine | 10 fois |
| Postes occupés en sélection | Demi gauche, arrière gauche, défenseur central |
Sa polyvalence, héritée de ses années à Coutances où il jouait partout, l'a suivi toute sa carrière et explique qu'il ait été aligné à trois postes différents en équipe nationale.
Paris, la maladie, et un arrêt brutal
En 1959, il quitte Lyon pour ne pas redescendre en Division 2 et signe au Stade français, qui vient d'être champion de D2, contre 22 millions de francs. L'ironie ne lui échappera pas, puisque dès sa première saison parisienne, il se retrouve dans une équipe qui lutte pour le maintien. Il en dira simplement : « oui je viens de vivre ma plus mauvaise saison ».
En septembre 1959, une maladie contractée en Algérie l'affaiblit et lui coûte sa place en équipe de France. Il se relève assez pour être élu meilleur joueur du championnat en 1961.
La fin est nette. En 1963, ses deux belles-sœurs se tuent sur les routes d'Espagne. Il dispute son dernier match de championnat le 5 mai 1963, avec le Stade français, et l'adversaire est l'Olympique Lyonnais. À la demande de son beau-père, il arrête sa carrière sur-le-champ, à 32 ans, en pleine possession de ses moyens.
Il devient ensuite directeur commercial d'une chaîne nationale de distribution pour l'essuyage industriel, où il met au point un système qui fera la réputation de l'entreprise en France et en Italie. Il meurt le 8 avril 2018 à Bron, à 87 ans.
| Période | Club | Matchs | Buts |
|---|---|---|---|
| 1941-1949 | CS Coutances, junior | — | — |
| 1951 | AS Cannes | 10 | 0 |
| 1951-1959 | Olympique Lyonnais | 246 | 3 |
| 1959-1963 | Stade français | 144 | 0 |
| Total professionnel | 400 | 3 | |
Questions fréquentes sur André Lerond
Qui était André Lerond ?
Un défenseur de l'Olympique Lyonnais de 1951 à 1959, 246 matchs, que le public de Gerland surnommait « Monsieur Lerond ». Il compte 31 sélections en équipe de France, dont dix comme capitaine, et a terminé troisième de la Coupe du monde 1958 alors qu'il était joueur de l'OL. Né au Havre le 6 décembre 1930, mort à Bron le 8 avril 2018.
Un joueur de l'OL a-t-il participé à la Coupe du monde 1958 ?
Oui, André Lerond, défenseur du club depuis 1951. Il a disputé la grande majorité des matchs de cette Coupe du monde en Suède, où la France de Kopa et Fontaine a terminé troisième. C'était le meilleur résultat de l'équipe de France jusqu'en 1982.
Pourquoi André Lerond a-t-il arrêté sa carrière à 32 ans ?
Pour des raisons familiales. En 1963, ses deux belles-sœurs meurent dans un accident de la route en Espagne. Il joue son dernier match le 5 mai 1963, avec le Stade français et contre l'Olympique Lyonnais, puis arrête à la demande de son beau-père, alors qu'il était encore au meilleur de son niveau. Il avait été élu meilleur joueur du championnat deux ans plus tôt.
Sources. Fiche Wikipédia « André Lerond » pour l'état civil, le parcours en club et en sélection, le salaire d'arrivée à l'OL, le surnom donné par le public de Gerland, la citation de France Football du 12 juin 2007 et les circonstances de l'arrêt de sa carrière. Les totaux de matchs par club sont ceux de l'infobox de la même page. L'article indique un arrêt « à 30 ans » : né le 6 décembre 1930 et retiré en mai 1963, il en avait 32.