Photo : cropped by Shory (extracted from Jejecam's image), CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Palmarès
- 2012 Coupe de France (Olympique Lyonnais)
- 2012 Trophée des champions (Olympique Lyonnais)
- 2019 Coupe de France (Stade rennais)
- 2010 Champion d'Europe des moins de 19 ans (France)
- 2009 Champion de France des réserves (Olympique Lyonnais)
- 2010 Champion de France des réserves (Olympique Lyonnais)
- 2011 Champion de France des réserves (Olympique Lyonnais)
- 2008 Vice-champion d'Europe des moins de 17 ans (France)
- 2011 4e de la Coupe du monde des moins de 20 ans (France)
- 2017 Vice-champion d'Italie (AS Rome)
Deux saisons, puis deux ans d'infirmerie
La fiche de Clément Grenier est celle d'une carrière lyonnaise comprimée. Neuf saisons au compteur, seize ans dans le club en comptant la formation, et pourtant deux exercices seulement où il a joué : 2012-2013 et 2013-2014, 74 matchs et quatorze buts à eux deux. Le reste, ce sont des débuts, des retours et des attentes.
Le point culminant tient en quinze jours, au printemps 2013. Deux coups francs directs consécutifs, dont le dernier à Gerland contre Rennes, qui assurent la troisième place et la Ligue des champions. La presse parle alors de l'héritage de Juninho, parti quatre ans plus tôt. Didier Deschamps l'appelle dans la foulée.
Un an plus tard, une blessure aux adducteurs lui coûte la Coupe du monde 2014. Un an après, une rupture totale du quadriceps lui coûte une saison de plus. Il ne retrouvera jamais son niveau de 2013 sous le maillot lyonnais.
D'Annonay à Tola Vologe, et trois titres avec la réserve
Né le 7 janvier 1991 à Annonay, en Ardèche, il commence au FC Annonay avant de rejoindre le centre de formation de l'OL en 2002, à onze ans. Il y passe sept ans.
Avec l'équipe réserve, il remporte trois fois de suite le championnat de France des réserves professionnelles, en 2009, 2010 et 2011. Il y joue 50 matchs en CFA entre 2008 et 2018, dont quatre en National 2 lors de sa dernière saison, à vingt-six ans.
Il fait ses débuts professionnels en 2009-2010, à trois apparitions en Ligue 1, puis sept la saison suivante. Il faut attendre 2011-2012 pour qu'il dépasse les vingt matchs de championnat.
Printemps 2013 : deux coups francs et l'équipe de France
La saison 2012-2013 est celle de la bascule. Le 28 juillet 2012, il gagne le Trophée des champions à New York contre Montpellier. Le 1er septembre 2012, il inscrit son premier but en Ligue 1 contre Valenciennes (3-2). Le 17 février 2013, il signe un doublé contre Bordeaux, son premier en championnat.
La fin de saison est la meilleure séquence de sa carrière. Il marque à la 93e minute à la Mosson, ce qui offre à l'OL une victoire 2-1 à Montpellier. Puis, lors de l'ultime journée, il libère Gerland d'un coup franc direct, son deuxième consécutif, dans un 2-0 contre le Stade rennais qui assure la troisième place et la qualification en Ligue des champions, la quatorzième en quinze ans pour le club.
La comparaison avec Juninho, qui a marqué 44 coups francs directs en Ligue 1 avec l'OL, tombe immédiatement dans la presse. Elle est excessive, mais elle dit quelque chose de ce qu'était Grenier à ce moment-là : le seul joueur du club capable de faire ce que le Brésilien faisait. Il reçoit sa première convocation en équipe de France dans la foulée, appelé par Didier Deschamps pour une tournée en Amérique du Sud, à la suite des blessures de Samir Nasri.
Le 11 juillet 2013, il prolonge son contrat jusqu'en 2016. Il a vingt-deux ans, il vient de jouer 33 matchs pour sept buts et huit passes décisives, et tout indique qu'il sera le meneur de jeu du club pour dix ans.
Ses neuf saisons à l'OL, compétition par compétition
Le tableau se lit en trois blocs : trois saisons de mise en route, deux saisons pleines, puis quatre saisons où il ne dépasse jamais 23 matchs.
| Saison | Ligue 1 | Coupes nationales | Europe | Total | Buts | Passes | L1 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2009-2010 | 3 | – | – | 3 | – | – | 2e |
| 2010-2011 | 7 | 2 | – | 9 | – | – | 3e |
| 2011-2012 | 21 | 7 | 2 (C1) | 30 | 1 | 4 | 4e |
| 2012-2013 | 28 | – | 5 (C3) | 33 | 7 | 8 | 3e |
| 2013-2014 | 28 | 4 | 9 (C1+C3) | 41 | 7 | 7 | 5e |
| 2014-2015 | 6 | – | 1 (C3) | 7 | 1 | 2 | 2e |
| 2015-2016 | 18 | 4 | 1 (C1) | 23 | 2 | 3 | 2e |
| 2016-2017 | 4 | 1 | 1 (C1) | 6 | – | – | 4e |
| 2017-2018 | 1 | 1 | – | 2 | – | – | 3e |
| Total OL | 116 | 19 | 19 | 154 | 18 | 24 | 9 saisons |
Source : tableau détaillé de Wikipédia, dont les colonnes s'additionnent exactement aux 154 matchs et 18 buts de l'infobox. Les saisons 2012-2013 et 2013-2014 pèsent à elles seules 74 matchs, 14 buts et 15 passes décisives, soit 48 % de ses matchs, 78 % de ses buts et 63 % de ses passes lyonnaises.
Sa charge de travail, saison par saison
Deux pics, et rien autour. La chute entre 2013-2014 et 2014-2015, de 41 matchs à 7, est celle d'une blessure et non d'un choix d'entraîneur.
| Saison | Ligue 1 | Coupes nationales | Europe |
|---|---|---|---|
| 2009-2010 | 3 | 0 | 0 |
| 2010-2011 | 7 | 2 | 0 |
| 2011-2012 | 21 | 7 | 2 |
| 2012-2013 | 28 | 0 | 5 |
| 2013-2014 | 28 | 4 | 9 |
| 2014-2015 | 6 | 0 | 1 |
| 2015-2016 | 18 | 4 | 1 |
| 2016-2017 | 4 | 1 | 1 |
| 2017-2018 | 1 | 1 | 0 |
Matchs par saison et par type de compétition sous le maillot lyonnais.
Adducteurs, puis quadriceps : deux ans perdus
Il se blesse aux adducteurs à la fin de la saison 2013-2014 et reste éloigné des terrains jusqu'en avril 2015. La blessure lui coûte la Coupe du monde au Brésil, à vingt-trois ans, et l'essentiel de la saison suivante.
Son retour, le 15 avril 2015, est pourtant réussi : entré à la 62e minute à la place de Steed Malbranque contre Bastia, il délivre une passe décisive à Mohamed Yattara dans une victoire 2-0. Onze jours plus tard, première titularisation contre Reims, nouvelle passe décisive. Puis un but contre Evian. Six apparitions, un but, deux passes décisives : la saison est blanche mais la fin est prometteuse.
Elle s'arrête net le 25 juillet 2015. Lors d'un match de préparation perdu 6-0 contre Arsenal, il se blesse à la jambe en première période. Les examens révèlent une rupture totale du quadriceps de la jambe gauche. Il manque tout le début de saison, revient avec la réserve fin novembre, et ne rejoue officiellement que le mois suivant.
Les deux blessures qui ont coupé sa carrière lyonnaise
- Fin de saison 2013-2014 : blessure aux adducteurs. Absent jusqu'en avril 2015, soit près d'un an. Elle lui coûte la Coupe du monde au Brésil.
- 15 avril 2015 : retour contre Bastia, entré pour Malbranque, avec une passe décisive dans la foulée.
- 25 juillet 2015 : rupture totale du quadriceps gauche lors d'un match de préparation contre Arsenal, perdu 6-0.
- Fin novembre 2015 : reprise avec l'équipe réserve, puis retour en Ligue 1 quelques jours plus tard contre Montpellier.
Dix-huit buts et vingt-quatre passes décisives
Son profil se lit dans le rapport entre les deux colonnes : plus de passes que de buts, ce qui est la signature d'un meneur de jeu et non d'un milieu offensif finisseur.
| Compétition | Matchs | Buts | Passes décisives | Actions décisives |
|---|---|---|---|---|
| Ligue 1 | 116 | 14 | 17 | 31 |
| Coupes d'Europe | 19 | 2 | 6 | 8 |
| Coupes nationales | 19 | 2 | 1 | 3 |
| Total OL | 154 | 18 | 24 | 42 |
Quarante-deux actions décisives en 154 matchs, soit une toutes les 3,7 rencontres. Sur les deux seules saisons où il a joué à plein, 2012-2013 et 2013-2014, le ratio tombe à une toutes les 2,6 rencontres, très proche de celui de Florent Malouda dans son meilleur exercice.
« Je veux partir de Lyon, je n'ai plus le choix »
En janvier 2017, il est prêté à l'AS Rome. L'expérience tourne court : six apparitions dont une seule titularisation, une passe décisive pour Stephan El Shaarawy à Palerme, et une option d'achat que le club romain ne lève pas. Il revient à Lyon avec un titre de vice-champion d'Italie sur sa fiche.
La saison 2017-2018 est la dernière. Bruno Genesio ne compte pas sur lui dans son 4-2-3-1 et le fait jouer avec la réserve, en National 2, où il marque trois buts et délivre deux passes décisives sur ses trois premiers matchs. Le 23 septembre 2017, contre Dijon, il rejoue quelques minutes en Ligue 1 : c'est son premier match professionnel avec l'OL depuis décembre 2016.
Le 19 décembre 2017, il rompt le silence dans la presse : « Je veux partir de Lyon, je veux jouer. Honnêtement, je n'ai plus le choix. » Il rejoint l'EA Guingamp le mois suivant, à vingt-sept ans, après seize ans dans le même club.
Sa place dans l'histoire du club
Cent cinquante-quatre matchs le placent au soixante-dix-septième rang des 587 joueurs chiffrés de la base de ce site, et au dix-neuvième parmi les joueurs formés au club. Le classement ne dit pas grand-chose de lui : ce qui le caractérise, c'est l'écart entre ce qu'il a produit sur deux saisons et ce qu'il a produit sur les sept autres.
| Rang | Formé à l'OL | Poste | Période pro | Matchs | Buts |
|---|---|---|---|---|---|
| 15 | Maxence Caqueret | Milieu | 2019-2025 | 184 | 7 |
| 16 | Samuel Umtiti | Défenseur | 2011-2016 | 171 | 5 |
| 17 | Jérémie Bréchet | Défenseur | 1998-2003 | 170 | 0 |
| 18 | Rémi Garde | Milieu | 1988-1993 | 158 | 23 |
| 19 | Clément Grenier | Milieu | 2009-2018 | 154 | 18 |
| 20 | Karim Benzema | Attaquant | 2004-2009 | 148 | 66 |
Classement croisé entre le recensement des joueurs formés au club de la page formation et les totaux de la base de ce site. Grenier est le quatrième milieu formé au club derrière Gonalons, Malbranque et Aouar, et il est resté seize ans au club en comptant la formation, ce que peu de joueurs de sa génération peuvent dire.
Ce que deux saisons pleines auraient donné
Le graphique met en regard son rendement réel et ce que donnaient ses deux bonnes années rapportées à une carrière complète. Ce n'est pas une projection sérieuse, c'est une mesure de ce que les blessures ont coûté.
| Période | Matchs par saison | Actions décisives par saison |
|---|---|---|
| 2012-2013 et 2013-2014 | 37 | 14 |
| Les sept autres saisons | 11 | 2 |
Moyenne de matchs et d'actions décisives par saison, sur ses deux saisons pleines d'un côté et sur les sept autres de l'autre.
Cinq sélections, et un Mondial manqué
Son parcours de jeune est celui d'un très grand espoir : seize sélections et huit buts en moins de 17 ans, champion d'Europe des moins de 19 ans en 2010, vice-champion d'Europe des moins de 17 ans en 2008, quatrième de la Coupe du monde des moins de 20 ans en 2011.
Chez les A, il en reste cinq sélections. La première arrive au printemps 2013, après ses deux coups francs, quand Didier Deschamps l'appelle pour une tournée amicale en Amérique du Sud à la suite des blessures de Samir Nasri. La blessure aux adducteurs de mai 2014 met un terme à cette trajectoire avant la Coupe du monde.
Guingamp, Rennes, et deux clubs espagnols
Il signe à l'EA Guingamp en janvier 2018 et y retrouve immédiatement du temps de jeu : quinze matchs, cinq buts en une demi-saison, le meilleur ratio de sa carrière.
Il rejoint ensuite le Stade rennais pour trois ans, 93 matchs, 9 buts, et surtout la Coupe de France 2019, gagnée contre le PSG aux tirs au but. Suivent deux clubs espagnols, le RCD Majorque en 2022-2023 puis le Racing Santander en 2023-2024. Il met un terme à sa carrière en 2024, à trente-trois ans.
Carrière complète en club
| Club | Pays | Période | Matchs | Buts |
|---|---|---|---|---|
| Olympique Lyonnais | 🇫🇷 | 2009-2018 | 154 | 18 |
| AS Rome (prêt) | 🇮🇹 | 2017 | 6 | 0 |
| EA Guingamp | 🇫🇷 | 2018 | 15 | 5 |
| Stade rennais | 🇫🇷 | 2018-2021 | 93 | 9 |
| RCD Majorque | 🇪🇸 | 2022-2023 | 29 | 2 |
| Racing Santander | 🇪🇸 | 2023-2024 | 25 | 1 |
| Total carrière professionnelle | 322 | 35 | ||
Totaux par club issus de l'infobox de Wikipédia. Il y ajoute 50 matchs et 10 buts avec la réserve de l'OL, en CFA puis en National 2, étalés sur dix saisons. Ses 154 matchs lyonnais représentent 48 % de sa carrière professionnelle.
Ce qu'il faisait bien
- Le coup franc direct. C'est ce qui l'a fait connaître, et ce qui a valu la comparaison avec Juninho au printemps 2013, quand il en a marqué deux consécutifs à quinze jours d'intervalle.
- La dernière passe. Vingt-quatre passes décisives pour dix-huit buts : il servait plus qu'il ne finissait, ce qui est rare chez un milieu offensif de Ligue 1.
- La frappe de loin, corollaire du coup franc : plusieurs de ses quatorze buts de championnat viennent de l'extérieur de la surface.
- La lecture du jeu, qui lui a permis de rester utile même après ses blessures, dans un rôle plus reculé de milieu relayeur.
- Ce qui manquait : la résistance physique. Deux blessures graves en quatorze mois, entre mai 2014 et juillet 2015, ont coupé sa carrière lyonnaise exactement au moment où elle décollait.
Les faits de jeu cités sont ceux rapportés par sa fiche Wikipédia. Les appréciations sont assumées comme telles.
Trois choses à savoir sur Clément Grenier
- Il a passé seize ans à l'OL, de son arrivée au centre de formation en 2002 à son départ en janvier 2018, et n'y a joué que deux saisons pleines.
- Une blessure aux adducteurs contractée en fin de saison 2013-2014 lui a coûté la Coupe du monde au Brésil, à vingt-trois ans, et près d'un an de compétition.
- Il a remporté trois fois le championnat de France des réserves professionnelles avec l'OL, en 2009, 2010 et 2011.
Les saisons de l'OL qu'il a traversées :
Questions fréquentes sur Clément Grenier
Combien de matchs Clément Grenier a-t-il joués à l'OL ?
154 matchs officiels entre 2009 et 2018, pour 18 buts et 24 passes décisives : 116 en Ligue 1, 19 en coupes nationales et 19 en coupes d'Europe. C'est le 77e total de l'histoire du club et le 19e d'un joueur formé au centre de formation.
Pourquoi Clément Grenier n'a-t-il pas joué la Coupe du monde 2014 ?
À cause d'une blessure aux adducteurs contractée à la fin de la saison 2013-2014, qui l'a éloigné des terrains jusqu'en avril 2015. Elle lui a coûté le Mondial au Brésil et l'essentiel de la saison suivante, qu'il a terminée à six apparitions.
Quelle a été la meilleure période de Clément Grenier à l'OL ?
Quelles blessures Clément Grenier a-t-il eues ?
Deux, très lourdes et rapprochées. Une blessure aux adducteurs en fin de saison 2013-2014, qui l'écarte jusqu'en avril 2015. Puis, le 25 juillet 2015, lors d'un match de préparation perdu 6-0 contre Arsenal, une rupture totale du quadriceps de la jambe gauche. Il ne rejoue officiellement qu'en novembre 2015.
Pourquoi Clément Grenier a-t-il quitté l'OL ?
Faute de temps de jeu. En 2017-2018, Bruno Genesio le fait jouer avec la réserve en National 2. Le 19 décembre 2017, il déclare publiquement vouloir partir : « Je veux partir de Lyon, je veux jouer. Honnêtement, je n'ai plus le choix. » Il rejoint l'EA Guingamp le mois suivant.
Qu'est devenu Clément Grenier après l'OL ?
Une demi-saison à Guingamp, puis trois ans au Stade rennais, où il gagne la Coupe de France 2019, et deux clubs espagnols, le RCD Majorque puis le Racing Santander. Il a mis un terme à sa carrière en 2024, à trente-trois ans.