Attaquant, 1999–2003

Sonny Anderson

Le lanceur de l'ère dorée. Recruté de Barcelone en juin 1999 pour 120 millions de francs, il inscrit 94 buts en 161 matchs sur quatre saisons, remporte les deux premiers titres de champion de France de l'OL en 2002 et 2003, et termine deux fois meilleur buteur de Ligue 1. L'avant-centre qui a fait basculer l'histoire du club.

Sonny Anderson

Photo : Sebleouf, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Nom completAnderson da Silva
Naissance19 sept. 1970, Goiatuba (BRÉ)
Nationalité🇧🇷 Brésilienne, 🇫🇷 Française
PosteAvant-centre
Pied fortDroit
Taille1,81 m
À l'OL1999–2003 (4 saisons)
Retraite11 juin 2007 (jubilé à Gerland)

Palmarès

Avec l'OL

2× Ligue 1 (2002, 2003)
Coupe de la Ligue (2001)
Trophée des Champions (2002)

Hors OL

2× Liga (Barça, 1998, 1999)
Coupe d'Espagne (Barça, 1998)
Supercoupe d'Europe (Barça, 1997)
Ligue 1 (Monaco, 1997)

Distinctions

UNFP meilleur joueur D1 1997
Étoile d'Or France Football 1996
Meilleur buteur L1 2000 (23 buts)
Meilleur buteur L1 2001 (22 buts)
Meilleur buteur Coupe UEFA 2004
94 Buts à l'OL toutes compétitions
161 Matchs officiels avec l'OL
2 Fois meilleur buteur de L1
17,77 M€ à son arrivée (record OL en 1999)

L'arrivée en juin 1999 : le recrutement qui change tout

Le 18 juin 1999, l'OL casse sa tirelire. Jean-Michel Aulas vient d'accueillir l'actionnaire Pathé au capital, l'ambition est claire : devenir un grand club européen. Pour matérialiser ce changement, le président sort le chéquier et arrache Sonny Anderson au FC Barcelone pour 120 millions de francs (17,77 millions d'euros). Le Brésilien a 28 ans, il a connu la Ligue des champions, il a gagné deux Liga et une Supercoupe d'Europe avec le Barça, il a été sacré champion de France avec Monaco en 1997 et élu meilleur joueur de D1 par l'UNFP. C'est un avant-centre confirmé et reconnu que l'OL recrute, pas un pari.

Le transfert fait tache à l'époque. Jamais un club français n'avait dépensé autant pour un attaquant. Mais le choix se révèle payant dès les premiers mois : Anderson inscrit 23 buts en Ligue 1 sur sa première saison, termine meilleur buteur du championnat, et emmène l'OL à une troisième place au classement. Le message est passé. Le club ne joue plus pour le podium, il joue pour le titre.

Ce qui faisait d'Anderson un avant-centre à part

Le finisseur instinctif. Anderson ne court pas après les ballons : il attend là où ils vont arriver. Son sens du positionnement dans la surface est inné, impossible à enseigner. Il lit les trajectoires avant les défenseurs, il sait quand partir dans le dos, quand rester planté sur ses appuis. En Ligue 1 comme en Espagne, les défenseurs centraux adverses confirment tous la même chose : il est impossible à prendre en grippe parce qu'il n'est jamais là où on l'attend.

Le jeu de dos au but. Anderson joue dans des équipes qui jouent avec un seul attaquant de pointe. Cela implique de savoir conserver, de protéger le ballon, de pivoter sous pression. Il y excelle. Sa technique brésilienne lui donne un toucher et une protection du ballon qui lui permettent de tenir tête aux défenseurs physiques de Ligue 1. Ses partenaires savent qu'ils peuvent lui envoyer n'importe quel ballon de la mi-terrain, il le gardera.

La frappe des deux pieds. 94 buts à l'OL, inscrits de toutes les manières : tête, pied droit, pied gauche, près du but, de loin, en reprise, en pivot. Il n'a pas de point faible dans la finition. Cette polyvalence dans la conclusion lui permet de scorer des buts que les simples finisseurs unipied n'auraient pas pu marquer. L'équipe adverse ne peut pas lui fermer une zone et se sentir protégée.

Le travail invisible. Ses statistiques ne racontent pas tout. Anderson gratte des ballons dans le camp adverse, gêne la construction des défenses, fait des appels qui libèrent de l'espace pour ses coéquipiers sans forcément conclure. À l'OL, il rend Juninho plus dangereux parce qu'il attire deux défenseurs dans la surface. Ce travail-là ne se compte pas mais il se voit dans les résultats du club.

Monaco, Marseille, Barcelone : dix ans de formation de crack

Anderson quitte le Brésil à 22 ans, passe par Servette Genève une saison (31 buts en championnat suisse, meilleur buteur étranger), puis rejoint l'OM de Tapie à l'automne 1993. Sixteen buts en six mois avant que le club soit relégué en D2 suite au scandale OM-VA. Anderson ne part pas à cause de lui mais à cause du contexte : Monaco se positionne à l'été 1994 et le récupère.

À Monaco, il entre dans la cour des grands. Trois saisons (1994-1997), 117 matchs, 67 buts. La saison 1995-96 est particulièrement impressionnante : 21 buts en championnat, meilleur buteur de D1, Étoile d'Or de France Football. L'année suivante, il enfonce le clou : 19 buts, champion de France, et surtout, l'UNFP le distingue meilleur joueur du championnat. En 1997, il est au sommet de sa valeur sur le marché européen. Le Barça paie 125 millions de francs pour l'arracher à Monaco, soit l'un des transferts les plus élevés du football français de l'époque.

À Barcelone, Anderson rejoint un club de Louis Van Gaal en pleine domination. Deux saisons (1997-1999), deux titres de Liga consécutifs, une Copa del Rey, une Supercoupe d'Europe face au Borussia Dortmund champion d'Europe. Ses statistiques de championnat sont moins spectaculaires (16 buts en 47 matchs), notamment parce que la concurrence est sévère : Rivaldo, Luis Enrique, Figo, Cocu se disputent les mêmes positions. Anderson joue régulièrement mais pas toujours en titulaire. La Ligue des champions lui échappe. Il commence à ressentir l'envie de jouer plus. L'OL arrive au bon moment.

Stats par saison à l'OL

Saison L1 M L1 B Eur M Eur B Coupes M Coupes B Total M Total B Titre L1
1999–2000 32 23 8 3 5 0 45 26
2000–2001 29 22 14 5 6 2 49 29
2001–2002 25 14 5 3 2 1 32 18 🏆
2002–2003 24 12 7 5 1 0 32 17 🏆
Total OL 110 71 34 16 14 3 161 94

Données Wikipedia. Totaux officiels : 161 matchs et 94 buts toutes compétitions. Anderson a 28 ans à son arrivée, 32 à son départ.

M = matchs, B = buts, Eur = LDC ou Coupe UEFA, Coupes = CdF + CdL + Trophée des Champions

Évolution des buts par saison

 Ligue 1EuropeCoupes
1999-002330
2000-012252
2001-021431
2002-031250

Deux premières saisons exceptionnelles avec 22-23 buts en L1, rendement légèrement en baisse ensuite au fur et à mesure que l'équipe s'étoffe et que les minutes se partagent. Source : Wikipedia.

Répartition des 94 buts à l'OL

94 BUTS
71 buts en Ligue 1
75.5%, 2× meilleur buteur (2000, 2001)
16 buts en coupes d'Europe
17%, LDC et Coupe UEFA
7 buts en coupes nationales
7.4%, CdF, CdL, Trophée

Cinq moments qui résument Anderson

Le profil qui manquait. Avant 1999, l'OL est un club de haut de tableau mais sans vrai finisseur de classe internationale. Anderson apporte ce que les attaquants précédents n'avaient pas pu apporter : un instinct de buteur doublé d'une technique continentale, forgée au Brésil et polie à Servette, Marseille, Monaco et Barcelone. Il est aussi le premier grand ambassadeur brésilien du club. Avant Juninho, avant Cris, avant Edmílson, c'est lui qui ouvre la porte et convainc les suivants que le projet lyonnais est sérieux.

Saison 1999–2000, 23 buts en L1, Meilleur buteur du championnat

Saison de la révélation à l'OL. À 29 ans, Anderson termine meilleur buteur de L1, emmène le club à la 3e place et décroche une qualification en Ligue des champions. C'est le record de buts en championnat à l'OL à cette époque. Un buteur confirmé venu du Barça qui ne déçoit pas : le message envoyé au reste de la Ligue est limpide.

3 avril 2001, Finale Coupe de la Ligue, OL 2–1 Monaco

Premier trophée majeur de l'ère moderne pour l'OL. Anderson est en pointe ce jour-là. Le club commence enfin à gagner des titres. Ce succès en Coupe de la Ligue, le premier depuis des décennies, prouve à tout un vestiaire que l'ambition lyonnaise n'est pas un discours de président mais une réalité sportive.

Saison 2001–2002, Premier titre de champion de France pour l'OL

Le titre historique, décroché à la dernière journée après une longue chasse au classement. Anderson inscrit 14 buts en L1 malgré plusieurs pépins physiques. Il soulève le trophée de Ligue 1 en fin de saison. Deux semaines plus tard, son fils Loïc naît. L'OL champion et père de famille : une semaine parfaite.

Saison 2003–2004, Coupe UEFA, 7 buts pour Villarreal

Un an après avoir quitté Lyon, Anderson rejoint Villarreal et conduit le club espagnol jusqu'en demi-finale de la Coupe UEFA, une première dans l'histoire du club. Il finit meilleur buteur de la compétition avec 7 réalisations. À 33 ans. Certains buteurs ne meurent jamais vraiment.

11 juin 2007, Jubilé au stade de Gerland, 30 000 spectateurs

Quatre ans après son départ, l'OL lui offre un jubilé devant une pelouse pleine. Anderson marque trois buts dans une victoire 5-3 face à l'équipe championne 2002. Le dernier but du match est inscrit par son fils Loïc, alors enfant. Une soirée d'émotion qui boucle la boucle de l'homme qui a lancé l'ère dorée lyonnaise.

Le départ en 2003 et la fin de carrière

À l'été 2003, après le deuxième titre consécutif de champion de France, Anderson a 32 ans. L'OL recrute Giovane Élber et amorce un renouvellement progressif de l'attaque. Anderson rejoint Villarreal en Espagne, où il retrouve immédiatement son instinct de buteur : 12 buts en Liga et surtout 7 en Coupe UEFA (meilleur buteur de la compétition), conduisant le club espagnol jusqu'en demi-finale de la compétition pour la première fois de son histoire.

Il part ensuite au Qatar : une saison à Al-Rayyan (20 matchs, 24 buts, meilleur buteur du championnat qatari 2005), puis une dernière à Al-Gharafa. Il met un terme à sa carrière en 2006 à 35 ans. Son bilan complet : 580 matchs, 288 buts, sur 19 ans de carrière professionnelle. Il devient ensuite entraîneur des attaquants à l'OL entre 2006 et 2011, avant de passer par plusieurs fonctions au sein et autour du club. Une fidélité au maillot rouge qui ne s'est jamais démentie.

Carrière complète

ClubPaysAnnéesMatchsButsFaits marquants
Vasco da Gama🇧🇷1987–1990241Formation Brésil
Guarani FC🇧🇷1990–1992364
Servette FC🇨🇭1992–19935231Meilleur buteur & meilleur étranger Swiss Super League
Olympique de Marseille🇫🇷1993–19942416Relégation OM suite au scandale, Anderson n'y est pour rien
AS Monaco🇲🇨1994–199711767Champion D1 1997, UNFP meilleur joueur 1997, Étoile d'Or 1996
FC Barcelone🇪🇸1997–199968212× Liga, Copa del Rey, Supercoupe d'Europe. Sous Van Gaal.
Olympique Lyonnais 🇫🇷 1999–2003 161 94 2× champion, 2× meilleur buteur L1
Villarreal CF🇪🇸2003–20045924Demi-finale Coupe UEFA, meilleur buteur de la compétition (7 buts)
Al-Rayyan SC🇶🇦2004–20052024Meilleur buteur Qatar Stars League 2005
Al-Gharafa SC🇶🇦2005–2006196Dernière saison professionnelle
Total carrière 580 288 Sélection brésilienne : 7 matchs, 1 but (1997–2001)

Source : Wikipedia. 19 ans de carrière pro, dix clubs en quatre pays.

Trois choses à savoir sur Sonny Anderson

Meilleur buteur de son championnat dans quatre pays différents

Anderson a terminé meilleur buteur de son championnat en Suisse (1993), en France trois fois (D1 1996 avec Monaco, L1 2000 et 2001 avec l'OL) et au Qatar (2005 avec Al-Rayyan). Ajoutez-y la Coupe UEFA 2004 avec Villarreal. C'est cinq fois meilleur buteur de compétition dans quatre pays différents en vingt ans de carrière. Un tel palmarès de finisseur est rarissime dans l'histoire du football professionnel.

Son fils Loïc marque le dernier but de son jubilé

Le 11 juin 2007 à Gerland, lors du match de jubilé organisé en son honneur, Anderson marque trois buts dans une victoire 5-3 face à l'équipe championne 2002. Le cinquième et dernier but de la soirée est inscrit par son fils Loïc, alors tout jeune. Devant 30 000 spectateurs, le passage de témoin symbolique entre le père et le fils. Difficile d'écrire une meilleure fin à une carrière.

À l'OL, il joue avec le frère du meilleur joueur du monde

Lors de la saison 2000-01, Anderson évolue à l'OL avec Edmílson, qui comme lui est brésilien. Mais surtout avec un autre Brésilien moins connu : le frère de Ronaldo (le Phénomène), Neleide de Assis Moreira dit "Ronaldão", défenseur central à l'OL cette saison-là. Les deux Brésiliens se retrouvaient régulièrement hors des terrains. Une parenthèse anecdotique dans la grande histoire du club.

Évolution de la valeur marchande

 Valeur marchande estimée (M€)
1993 Servette2
1994 Monaco5
1996 pic Monaco14
1997 Barça19
été 1999 (OL)18
2001 double buteur22
2003 départ7

Arrivée de Barça pour 17,77 M€ (été 1999), pic de valeur sur deux saisons consécutives de meilleur buteur, puis déclin naturel lié à l'âge. Estimations basées sur données Transfermarkt et marchés contemporains.

Saisons jouées à l'OL :

1999–2000 2000–2001 2001–2002 2002–2003

Questions fréquentes sur Sonny Anderson

Combien de buts Sonny Anderson a-t-il marqués à l'OL ?

94 buts en 161 matchs officiels sur quatre saisons (1999-2003). Il est considéré comme le lanceur de l'ère dorée lyonnaise.

Pour combien Sonny Anderson a-t-il été recruté par l'OL ?

L'OL l'arrache au FC Barcelone en juin 1999 pour 120 millions de francs, soit 17,77 millions d'euros, un record pour le club à l'époque. Jamais un club français n'avait autant dépensé pour un attaquant.

Sonny Anderson a-t-il été meilleur buteur de Ligue 1 ?

Oui, deux fois de suite avec l'OL : en 2000 avec 23 buts, puis en 2001 avec 22 buts.

Quels titres Sonny Anderson a-t-il remportés avec l'OL ?

Les deux premiers titres de champion de France de l'histoire du club (2002 et 2003), la Coupe de la Ligue 2001 et le Trophée des Champions 2002.

Qu'a fait Sonny Anderson après son départ de l'OL ?

Il rejoint Villarreal, où il finit meilleur buteur de la Coupe UEFA 2004 (7 buts), puis termine sa carrière au Qatar. Il revient ensuite à l'OL comme entraîneur des attaquants entre 2006 et 2011.