Photo : Auteur inconnu, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Palmarès joueur
- 1967–69Champion de France x3 (Saint-Étienne)
- 1968Coupe de France (Saint-Étienne)
Palmarès entraîneur
- 1998Champion du Monde (France)
- 1984Champion de France (Bordeaux)
- 1985Champion de France (Bordeaux)
- 1987Champion de France (Bordeaux)
Statistiques par saison à l'OL (joueur)
Carrière de joueur : Saint-Étienne vs. OL
| Matchs joués | |
|---|---|
| AS Saint-Étienne (1960-73) | 233 |
| OL (1973-75) | 27 |
Distribution par club
Le passage lyonnais d'un homme qui allait marquer l'histoire du foot français
En 1973, Aimé Jacquet a 32 ans et vient de passer treize saisons à l'AS Saint-Étienne, 233 matchs, trois titres de champion de France, une Coupe de France. Pour ses deux dernières saisons en tant que joueur professionnel, il choisit Lyon, le rival géographique. C'est un passage de fin de carrière : 27 matchs, 3 buts sur deux saisons. Mais ce déplacement vers Lyon prend une toute autre dimension quand on connaît la suite.
Car à peine raccroche-t-il les crampons, en 1975, que Jacquet reste dans la ville et prend sa première responsabilité d'entraîneur : l'OL. De 1976 à 1980, il dirige l'équipe première, pour 183 matchs sur le banc. Une école d'entraîneur, pas encore des trophées, mais l'apprentissage d'un métier qu'il va exercer avec une rigueur et une méthode légendaires.
La suite appartient à l'histoire du football français. Bordeaux (trois titres de champion, deux Coupes de France), puis l'équipe de France dont il prend les rênes en 1993. Cinq ans de doute, de critiques virulentes de la presse (L'Équipe en tête), et un seul résultat final : champion du monde le 12 juillet 1998, au Stade de France, 3-0 contre le Brésil. La carrière d'Aimé Jacquet est l'une des plus belles de l'histoire du football français, et l'OL en est une étape, discrète mais réelle.
Métallurgiste le jour, champion de France le soir
Avant d'être l'homme du 12 juillet 1998, Aimé Jacquet a eu une carrière de joueur que le football d'aujourd'hui ne produit plus. Treize saisons à l'AS Saint-Étienne, 233 matchs, trois titres de champion de France et une Coupe de France, dans l'équipe qui dominait le pays.
Et, pendant une partie de ces années, un second métier : il travaillait en usine comme métallurgiste, dans la vallée du Gier, en parallèle de sa carrière professionnelle. C'était courant dans le football français des années 1960 ; ce l'est beaucoup moins pour un joueur de ce palmarès.
En 1970, une rupture du tendon d'Achille l'immobilise plusieurs mois. Il revient, joue encore trois ans en vert, puis fait ce que peu de Stéphanois ont fait : il signe chez le voisin.
Ses deux saisons de joueur, en détail
Vingt-sept matchs et trois buts, c'est peu, et le détail explique pourquoi : Aimé Jacquet arrive à 32 ans dans un milieu de terrain déjà encombré, et il en repart poussé par un plus jeune que lui.
1973-1974 : l'OL sur trois tableaux, et une troisième place historique
L'OL vient de gagner la Coupe de France 1973 et joue trois compétitions. La Coupe des coupes se termine mal, en huitième de finale contre les Grecs du PAOK Salonique : 3-3 à l'aller, puis 0-4 au retour. La Coupe de France s'arrête en quart, éliminé par Sochaux aux tirs au but.
Le championnat, en revanche, est le meilleur que le club ait connu jusque-là. Le jeu offensif porté par Fleury Di Nallo, Bernard Lacombe et Serge Chiesa rapporte de nombreux points de bonus : à l'époque, une équipe qui marquait au moins trois buts dans un match en gagnait un supplémentaire. L'OL reste en tête du classement plusieurs semaines de suite avant de céder la place à l'AS Saint-Étienne et de terminer troisième, son meilleur classement à ce jour.
Jacquet, lui, subit une forte concurrence au milieu, face à Robert Cacchioni, Ildo Maneiro et Michel Maillard. Il dispute 19 matchs et inscrit ses 3 buts sur cette seule saison.
1974-1975 : huit matchs, et la sortie
L'arrivée du jeune milieu Jean-Paul Bernad le renvoie sur le banc : 8 matchs, aucun but. Le club s'est séparé de Di Nallo, de Daniel Ravier et de Jean Baeza sans les remplacer, et fait le pari des jeunes. Le pari fonctionne, l'OL termine à nouveau troisième.
Fatigué, Jacquet met un terme à sa carrière de joueur à 34 ans, à la fin de la saison. Il ne quitte pas le club pour autant : il intègre l'administration de l'Olympique Lyonnais. C'est de là qu'il reviendra, un an plus tard, sur le banc.
1976-1980 : ses quatre premières années d'entraîneur, et le docteur Ferret
À 35 ans, Aimé Jacquet devient entraîneur de l'Olympique Lyonnais. C'est son premier poste. Il y restera quatre saisons, pour un bilan de 66 victoires, 42 nuls et 80 défaites, et aucun titre.
Ce qu'il y fait de plus durable ne se lit pas dans ce bilan. Jacquet est l'un des premiers entraîneurs français à moderniser la médecine du football : il demande au club de recruter un médecin du sport résident, et obtient l'arrivée du docteur Jean-Marcel Ferret.
Jean-Marcel Ferret, que Jacquet fait venir à l'Olympique Lyonnais à la fin des années 1970, deviendra le médecin de l'équipe de France, poste qu'il occupera en parallèle de ses fonctions lyonnaises. Il est le médecin des Bleus champions du monde en 1998, sous les ordres du même Aimé Jacquet. Le fil part de Gerland et arrive au Stade de France.
Le contexte sportif, lui, est brutal. À partir de 1977, l'obligation des contrats à durée déterminée dans le football professionnel français plonge l'OL dans de sérieuses difficultés financières. Le club doit vendre : Raymond Domenech part à Strasbourg, puis Bernard Lacombe à... l'AS Saint-Étienne. Les résultats suivent la trajectoire des comptes : l'équipe stagne en milieu de tableau puis frôle la relégation en 1979-1980, avec une 18e place.
Jacquet quitte le club à l'été 1980. Il a 38 ans et n'a rien gagné. Les Girondins de Bordeaux de Claude Bez l'appellent dans la foulée, et ce sont neuf saisons et cinq titres qui commencent.
Sept ans à l'OL, en trois métiers
C'est ce que sa fiche disait le moins bien, et c'est pourtant l'essentiel de son rapport au club : entre 1973 et 1980, Aimé Jacquet a occupé trois fonctions différentes à l'Olympique Lyonnais.
| Période | Fonction | Bilan |
|---|---|---|
| 1973-1975 | Joueur, milieu de terrain | 27 matchs, 3 buts. Deux 3e places en championnat, le meilleur classement du club à l'époque |
| 1975-1976 | Membre de l'administration du club | Une année de transition après sa retraite de joueur |
| 1976-1980 | Entraîneur de l'équipe première | 66 victoires, 42 nuls, 80 défaites. Aucun titre |
Sept ans en tout, sans un seul trophée. Cinq ans après son départ, il gagnait le championnat de France avec Bordeaux ; dix-huit ans après, la Coupe du monde. L'OL est le club où Aimé Jacquet a tout appris et rien gagné.
Moments marquants
Jacquet joue deux matchs avec l'équipe de France, tous deux en 1968, tous deux comme titulaire, sous Louis Dugauguez. Le 25 septembre 1968 au Stade Vélodrome contre l'Allemagne de l'Ouest (1-1), puis le 17 octobre 1968 au stade de Gerland contre l'Espagne (1-3). Sa dernière apparition en bleu a donc eu lieu sur la pelouse du club qu'il rejoindra cinq ans plus tard, puis entraînera huit ans plus tard. Trente ans après cette défaite contre l'Espagne, il sera le sélectionneur champion du monde.
En 1970, alors qu'il est encore à Saint-Étienne, Jacquet se blesse gravement au tendon d'Achille. Une blessure qui requiert une opération et plusieurs mois de rééducation. Il continuera pourtant à jouer jusqu'en 1975. Et pendant sa carrière à l'ASSE, il travaillait en parallèle en usine comme métallurgiste. Un joueur d'une autre époque.
Quand Jacquet prend la sélection en 1993, la presse française le crucifie. "Labourieux", "stérile", "pas assez offensif". L'Équipe notamment mène une campagne virulente. Le 12 juillet 1998, Zidane (2 buts) et Petit donnent la victoire 3-0 à la France contre le Brésil. Jacquet pleure. Le pays aussi.
La campagne de presse contre Jacquet a un point culminant daté. Le 6 mai 1998, à cinq semaines du début de la Coupe du monde, L'Équipe publie un éditorial dont une phrase est restée : « là où nous attendons depuis des mois un leader qui donne un vrai souffle, nous n'avons eu droit une fois encore qu'à un brave type qui émet des soupirs ». Soixante-sept jours plus tard, la France était championne du monde.
Cette page mentionnait jusqu'ici un procès qu'Aimé Jacquet aurait gagné contre L'Équipe en 2003. Nous n'en avons trouvé confirmation dans aucune source consultée et l'avons retiré. L'éditorial du 6 mai 1998, lui, est documenté et cité dans des travaux universitaires sur le traitement médiatique du sport.
3 choses à savoir sur Aimé Jacquet à l'OL
Questions fréquentes sur Aimé Jacquet
Combien de matchs Aimé Jacquet a-t-il joués à l'OL ?
Comme joueur, Aimé Jacquet a disputé 27 matchs et inscrit 3 buts avec l'OL, sur deux saisons, de 1973 à 1975, en fin de carrière.
Quand Aimé Jacquet a-t-il joué puis entraîné l'OL ?
Il a été joueur de l'OL de 1973 à 1975, puis entraîneur de l'équipe première de 1976 à 1980. Lyon est le club où il a fait sa transition de joueur à entraîneur.
Aimé Jacquet a-t-il été champion du monde ?
Oui. Comme sélectionneur de l'équipe de France, il a remporté la Coupe du monde 1998, avec une victoire 3-0 contre le Brésil en finale au Stade de France.
D'où venait Aimé Jacquet avant de rejoindre l'OL ?
Il arrive de l'AS Saint-Étienne, où il a passé treize saisons, disputé 233 matchs et gagné trois titres de champion de France ainsi qu'une Coupe de France.
Où et quand est né Aimé Jacquet ?
Aimé Jacquet est né le 27 novembre 1941 à Sail-sous-Couzan, dans la Loire.
Où Aimé Jacquet a-t-il joué sa dernière sélection ?
À Gerland, le 17 octobre 1968, contre l'Espagne (défaite 1-3). Il était titulaire. C'était sa deuxième et dernière sélection, après un match nul 1-1 contre l'Allemagne de l'Ouest au Vélodrome trois semaines plus tôt. Il rejoindra l'OL cinq ans plus tard.
Quel bilan Aimé Jacquet a-t-il laissé comme entraîneur de l'OL ?
Quatre saisons, de 1976 à 1980, 66 victoires, 42 nuls, 80 défaites et aucun titre, dans un club fragilisé financièrement à partir de 1977 et contraint de vendre Raymond Domenech puis Bernard Lacombe. Son apport le plus durable est ailleurs : c'est lui qui a fait recruter le docteur Jean-Marcel Ferret, futur médecin de l'équipe de France championne du monde 1998.