Défenseur central, 2004–2012

Cristiano Marques Gomes

Cristiano Marques Gomes, dit Cris. Arrivé de Cruzeiro à l'été 2004 pour 3 millions d'euros, quelques semaines après avoir soulevé la Copa América avec le Brésil. Huit saisons, 304 matchs, 4 titres de champion de France. Son surnom dit tout : Le Policier. Défenseur central autoritaire, trois fois dans l'équipe type de Ligue 1, capitaine de l'après-septennat à partir de 2009. Un des étrangers les plus marquants de l'histoire du club.

Cristiano Marques Gomes

Photo : Ultraslansi, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Nom completCristiano Marques Gomes
Naissance3 juin 1977, Guarulhos (Brésil)
Nationalité🇧🇷 Brésilien (🇵🇹 port. 2008)
PosteDéfenseur central
SurnomLe Policier
Taille1,83 m
À l'OLété 2004 – sept. 2012
ArrivéeCruzeiro, ~3 M€
Capitaineà partir de 2009
Sélections17 caps Brésil A

Palmarès et distinctions

Avec l'OL

Champion L1 (2005, 2006, 2007, 2008)
Coupe de France (2008, 2012)
Trophée des Champions (2005, 2007, 2012)
Demi-finaliste LDC (2010 vs Bayern)

Distinctions individuelles

Équipe type L1 UNFP (2005, 2006, 2007)

Avec le Brésil

Copa América (2004)
312 Matchs à l'OL
4 Titres champion L1
8 Saisons (2004–2012)
3 Équipes type L1 UNFP

Le Policier au coeur de la grande époque

Cristiano Marques Gomes débarque à Lyon le 10 juillet 2004, quelques semaines après avoir remporté la Copa América avec le Brésil (finale contre l'Argentine aux tirs au but). Il a 27 ans, sort d'un prêt au Bayer Leverkusen suivi de deux titres avec Cruzeiro, et coûte environ 3 millions d'euros. L'OL cherche un défenseur central capable d'épauler Cacapa dans la durée. Cris s'impose dès la première journée, et ne quitte plus le onze de départ pendant trois saisons.

Son style est immédiatement reconnaissable : placement autoritaire, duels gagnés par l'anticipation autant que par la force, une présence physique qui intimidait les attaquants. Les observateurs lui collent le surnom de Le Policier, et l'image reste. L'UNFP l'inclut dans l'équipe type de Ligue 1 trois années de suite (2005, 2006, 2007), signe de la cohérence de son niveau. L'OL enchaîne quatre titres consécutifs de 2004-05 à 2007-08, avec Cris comme roc défensif central.

Le 11 août 2007, une blessure grave interrompt sa marche : Johan Elmander le percute lors du match d'ouverture contre Toulouse, rupture des ligaments croisés. Sept mois hors des terrains. Il revient en mars 2008, aide l'OL à boucler un septième titre consécutif. La saison suivante, le règne prend fin, et Cris hérite du brassard laissé par Juninho en 2009. Capitaine d'un OL qui rêve encore de Ligue des champions, il emmène le club jusqu'en demi-finale en 2010 (défaite contre le Bayern), soulève la Coupe de France en 2012, et part ensuite à Galatasaray à 35 ans.

Stats par saison à l'OL

Saison L1 M L1 B CdF M CdL M Eur M Total M Titre
2004–2005 333 3 0 9 45 L1
2005–2006 363 4 0 10 50 L1
2006–2007 324 4 1 7 44 L1
2007–2008 131 3 0 1 17 L1
2008–2009 342 3 1 6 44
2009–2010 344 1 1 14 50
2010–2011 201 1 0 5 26
2011–2012 202 2 2 4 28
Total OL 22220 21 5 56 304 4 titres

27 buts au total, dont 20 en Ligue 1. La saison 2007-2008 est tronquée par la rupture des ligaments croisés contre Toulouse (11 août 2007) : seulement 13 matchs de L1. Le tableau ci-dessus couvre Ligue 1, Coupes nationales et Europe (total = 304). En incluant le Trophée des Champions, le total toutes compétitions atteint 312 matchs (source : Wikipedia).

M = matchs joués, B = buts, CdF = Coupe de France, CdL = Coupe de la Ligue, Eur = LDC/Europa. Source : Wikipedia / FBref.

Évolution du temps de jeu par saison

 Ligue 1Europe (LDC/Europa)Coupes nationales
04-053393
05-0636104
06-073275
07-081313
08-093464
09-1034142
10-112051
11-122044

La saison 2007-2008 marque clairement la coupure de la blessure (barre très courte). Les deux dernières saisons (2010-11 et 2011-12) traduisent un Cris en fin de cycle, utilisé avec plus de rotation, mais toujours présent pour les matchs importants. Le pic européen 2009-10 (14 matchs de C1) correspond à la demi-finale contre le Bayern. Source : Wikipedia / FBref.

Répartition des matchs par compétition

304 MATCHS
222 matchs en Ligue 1
73%, 8 saisons
56 matchs en Europe
18.4%, dont 14 en LDC 2009-10
26 matchs en Coupes
8.6%, CdF (21) + CdL (5)

Sélection nationale

ÉquipePériodeSélectionsPalmarès
🇧🇷 Brésil 2001–2009 17 Copa América 2004 (vainqueur, finale aux tirs au but vs Argentine)

Cris compte 17 sélections en équipe A du Brésil (2001–2009), auxquelles s'ajoutent 5 sélections olympiques lors des Jeux de Sydney 2000. La concurrence à son poste était redoutable (Lúcio, Juan, Alex, puis Thiago Silva) ce qui explique un total modeste malgré son niveau européen. Il obtient la nationalité portugaise le 18 juillet 2008, ce qui lui permit de ne plus occuper de slot extra-communautaire à l'OL pour ses quatre dernières saisons.

Quatre moments à retenir

Saison 2004-2005, Première saison, premier titre, Immédiatement indiscutable

Arrivé en juillet avec l'étiquette "défenseur sérieux mais pas star", Cris s'impose en quelques semaines comme un titulaire évident. 33 matchs de L1, 3 buts, un positionnement qui rassure immédiatement l'entraîneur. L'OL remporte un quatrième titre consécutif. À la fin de la saison, l'UNFP le sélectionne dans l'équipe type de Ligue 1 pour la première fois. Ce sera le premier d'une série de trois nominations consécutives, de 2005 à 2007 inclus, qui font de lui officiellement l'un des deux ou trois meilleurs défenseurs centraux du championnat.

11 août 2007, Blessure contre Toulouse, Rupture des ligaments, retour en mars 2008

C'est le premier match de la saison 2007-2008. À Gerland, face à Toulouse, Johan Elmander et Cris se percutent dans un duel aérien. Résultat : rupture des ligaments croisés du genou droit. Sept mois de rééducation. Il revient le 1er mars 2008 contre Lille et dispute les 13 derniers matchs de la saison. L'OL remporte quand même son septième titre consécutif et le doublé avec la Coupe de France. La saison manquée ne laisse qu'une trace dans les statistiques : 13 matchs de L1, le minimum de toute sa carrière lyonnaise.

2009, Le brassard de capitaine, Successeur naturel de Juninho

À l'été 2009, Juninho quitte Lyon après quinze ans, et Grégory Coupet est parti l'année précédente. Cris, 32 ans, devient capitaine. La version française de Wikipédia précise que le brassard lui échoit à la suite d'une « faute de vie » de Sidney Govou, qui s'en était publiquement excusé en décembre 2008. À 32 ans, défenseur central brésilien naturalisé portugais depuis le 18 juillet 2008, il est de toute façon le choix logique : il est l'un des cadres les plus respectés, parle bien français, et incarne la rigueur défensive qui définissait l'équipe. Il accepte le rôle et le tient jusqu'à son départ en 2012. La période post-septennat est plus complexe (plus de titres en L1), mais Cris reste un capitaine solide, présent dans les matchs importants, deux Coupes de France à son palmarès comme symbole de cette période.

Saison 2009-2010, Demi-finale de Ligue des champions contre le Bayern

14 matchs européens pour Cris cette saison-là, son record à l'OL. Le parcours est mémorable : victoire à l'aller en 8es contre le Real Madrid (1-0), nul au retour à Bernabéu (1-1), qualif. Victoire en quarts contre Bordeaux. En demi-finale, deux défaites contre le Bayern de Louis van Gaal (0-1 à domicile, 0-3 à Munich). L'OL ne sera plus jamais aussi proche d'une finale de Ligue des champions. Cris joue les deux matchs contre le Bayern, défend contre Thomas Müller, Robben et Ribéry. Ce parcours reste le plus beau souvenir européen de sa carrière lyonnaise.

La réputation qui l'a précédé

Cris arrive à Lyon en août 2004, pour une somme proche de trois millions d'euros, avec une étiquette déjà collée. Deux épisodes du printemps précédent l'expliquent.

Le premier est une bagarre lors d'un match au Brésil, en juin 2004, pour laquelle il risque une suspension de six mois. La Fédération brésilienne s'engage à ne pas l'étendre hors du Brésil, ce qui rend le transfert possible.

Le second est plus visible en France : le 20 mai 2004 au Stade de France, lors d'un France-Brésil (0-0), Cris impose un duel physique permanent à Thierry Henry, alors au sommet avec Arsenal. Le public français découvre un défenseur qui ne recule pas. C'est cette image-là, avant le moindre match sous le maillot lyonnais, qui lui vaut son surnom.

Deux saisons plus tard, le jugement a changé : en 2005-2006, France Football le sacre Étoile d'or et L'Équipe le désigne meilleur défenseur de la saison. Carlos Alberto Parreira le retient le 15 mai 2006 pour la Coupe du monde en Allemagne, où il ne jouera pas une minute.

28 avril 2012 : le geste de la finale

C'est le dernier trophée de sa carrière lyonnaise, et c'est ce qu'il en fait qui a marqué.

Le 28 avril 2012, l'OL remporte la Coupe de France contre l'US Quevilly, pensionnaire de National. Cris est capitaine. Au moment de recevoir la coupe Charles-Simon, il invite le capitaine de Quevilly à la soulever avec lui, reprenant le geste que Mickaël Landreau avait fait douze ans plus tôt, lors de la finale de 2000.

C'est son deuxième trophée avec le brassard, après le Trophée des Champions 2007, qu'il avait soulevé en l'absence de Juninho et après le départ de Cláudio Caçapa. Six semaines plus tôt, le 17 mars 2012, il avait disputé son 300e match sous le maillot lyonnais, un derby gagné 1-0 à Saint-Étienne, dont il était sorti sur blessure à la 77e minute.

5 juillet 2012 : la sortie d'Aulas

Deux mois après cette finale, la fin est brutale et publique. Le 5 juillet 2012, Jean-Michel Aulas dresse devant la presse un bilan à charge contre quatre de ses joueurs : Cris, Michel Bastos, Kim Källström et Aly Cissokho.

Sur Cris, le président est direct. Il l'accuse d'avoir « pourri le vestiaire », d'avoir contraint Claude Puel à le faire resigner « car Puel le craignait », et d'avoir « freiné l'évolution du duo Koné-Lovren ». Il cite les finales de Coupe de la Ligue contre Caen et Marseille, auxquelles Cris n'a pas participé, le match retour contre Nicosie, où Cris avait pourtant été l'un des meilleurs Lyonnais, et le match contre Valenciennes, où il était sorti blessé.

La presse relèvera une communication aux proportions mal maîtrisées. Cris commence quand même la saison, puis Rémi Garde le relègue en tribunes lors des derniers matchs avant la fin du mercato. Il part à Galatasaray. Huit ans, 310 matchs, quatre titres de champion et deux Coupes de France se terminent par une conférence de presse.

En novembre 2022, So Foot a classé Cris 98e meilleur joueur de l'histoire du championnat de France, tous clubs et toutes époques confondus. C'est le deuxième rang le plus élevé parmi les joueurs de cette série de fiches, derrière Éric Carrière, 82e.

Style de jeu

Le Policier, en vrai. Ce surnom décrit un mode de jeu avant d'être une image. Cris défend avec une autorité naturelle, une capacité à occuper les zones de danger avant que l'adversaire n'y arrive, et une propension à intervenir sans fioritures. Son jeu est direct, rassurant, sans tentation de briller individuellement. Dans un club habitué aux défenseurs techniques, il apporte quelque chose de différent : l'ordre brut.

La technique brésilienne en arrière-plan. Derrière la rigueur, il y a une formation à Cruzeiro solide. Sa première touche est propre, sa relance courte fiable, son placement dans l'axe irréprochable. Il construisait déjà des lignes de passes depuis l'arrière bien avant que ce soit à la mode en France. À l'OL, il l'utilise discrètement, semaine après semaine, sans en faire un argument.

Capitaine par nature. À l'été 2009, quand Juninho quitte Lyon, Cris hérite du brassard. Son comportement dans le vestiaire, sa relation avec les jeunes et son calme sous pression en faisaient le successeur évident depuis plusieurs saisons. Il tient le poste jusqu'à son départ en 2012, dans une période moins titrée mais pas moins digne.

Trois choses à savoir sur Cris

1
Trois fois dans l'équipe-type UNFP de Ligue 1 (2005, 2006, 2007)

Pendant trois saisons consécutives, les professionnels de Ligue 1 votent Cris meilleur défenseur du championnat. 2005, 2006, 2007 : les trois premières saisons lyonnaises. C'est une forme de reconnaissance que les statistiques ne reflètent pas facilement : ses pairs, qui jouent contre lui chaque semaine, le placent systématiquement en tête de liste. Pour un défenseur central arrivé de Division 1 brésilienne, s'imposer aussi vite au plus haut niveau européen est rarement vu.

2
Copa América 2004 avec le Brésil, quelques semaines avant de signer à Lyon

En juillet 2004, Cris dispute la Copa América au Pérou avec la Seleção. Le Brésil remporte le titre. Quelques semaines plus tard, Cris signe à l'OL pour 3 millions d'euros. Il débarque à Lyon champion continental, avec 17 sélections au compteur. Ce contexte donne la mesure de l'opération lyonnaise : un joueur reconnu au niveau international, recruté à un prix raisonnable dans une fenêtre où sa valeur aurait pu être bien supérieure.

3
Deux Coupes de France (2008 et 2012) : les seuls trophées de sa période post-septennat

Cris arrive en 2004, au milieu de la série des sept titres consécutifs. Il en remporte quatre (2005-2008). Mais ses huit saisons à Lyon se distinguent aussi par deux Coupes de France : en 2008 face au PSG (1-0, but de Govou en prolongation) et en 2012 face à Quevilly. Cette deuxième, la dernière de sa carrière lyonnaise, il la soulève en tant que capitaine. Deux trophées en coupe nationale, dans deux périodes très différentes du club.

Carrière complète

ClubPaysAnnéesMatchsButs
SC Corinthians 🇧🇷 1995–1998 26 0
Cruzeiro EC 🇧🇷 1998–2004 157 15
Bayer Leverkusen (prêt) 🇩🇪 2002–2003 7 0
Olympique Lyonnais 🇫🇷 2004–2012 312 27
Galatasaray SK 🇹🇷 sept. 2012 – janv. 2013 12 1
Grêmio FBPA 🇧🇷 janv.–août 2013 10 0
CR Vasco da Gama 🇧🇷 2013–2014 24 1

Galatasaray : aventure courte (quelques mois), avant un retour au Brésil pour finir sa carrière à Grêmio puis Vasco da Gama en 2014 (retraite à 37 ans). Source : Wikipedia.

Évolution de la valeur marchande

 Valeur marchande estimée (M€)
20043
20055
20068
200710
20084
20096
20106
20114
20122

Pic estimé à 10 M€ en 2007 (trois équipes type UNFP consécutives). La blessure d'août 2007 fait chuter la valorisation en 2008. La deuxième partie de carrière voit une érosion progressive jusqu'à son départ à 35 ans pour Galatasaray. L'OL a fait une belle plus-value sur son transfert initial.

Saisons jouées à l'OL :

2004–2005 2005–2006 2006–2007 2007–2008 2008–2009 2009–2010 2010–2011 2011–2012

Questions fréquentes sur Cris

Combien de matchs Cris a-t-il joués à l'OL ?

Cris a disputé 312 matchs toutes compétitions avec l'OL, sur huit saisons de 2004 à 2012. Il y a remporté quatre titres de champion de France (2005, 2006, 2007 et 2008).

Pourquoi Cris était-il surnommé Le Policier ?

Pour son style de défenseur central autoritaire : un placement qui anticipe le danger, des duels gagnés par l'anticipation autant que par la force, et une présence physique qui intimidait les attaquants.

Comment Cris est-il arrivé à l'OL ?

Il signe à Lyon en juillet 2004 en provenance de Cruzeiro, pour environ 3 millions d'euros, quelques semaines seulement après avoir remporté la Copa América 2004 avec le Brésil.

Quand Cris est-il devenu capitaine de l'OL ?

En 2009, lorsque Juninho quitte le club après quinze ans. Cadre respecté du vestiaire, Cris hérite naturellement du brassard et le conserve jusqu'à son départ en 2012.

Quel est le plus beau souvenir européen de Cris à l'OL ?

La demi-finale de Ligue des champions 2009-2010 contre le Bayern Munich. Avec 14 matchs européens cette saison-là, son record au club, l'OL n'a jamais été aussi proche d'une finale de C1.

Quel geste Cris a-t-il fait après la finale de la Coupe de France 2012 ?

Capitaine de l'OL vainqueur de l'US Quevilly le 28 avril 2012, il a invité le capitaine de Quevilly, club de National, à soulever la coupe Charles-Simon avec lui. Il reprenait ainsi un geste que Mickaël Landreau avait fait lors de la finale de 2000.

Comment s'est terminé le passage de Cris à l'OL ?

Par une conférence de presse. Le 5 juillet 2012, Jean-Michel Aulas a publiquement mis en cause Cris, Michel Bastos, Kim Källström et Aly Cissokho, accusant Cris d'avoir « pourri le vestiaire » et d'avoir « freiné l'évolution du duo Koné-Lovren ». Rémi Garde l'a ensuite relégué en tribunes, et il est parti à Galatasaray après huit ans, 310 matchs et six trophées.