Palmarès
- 2003 Coupe du monde des moins de 17 ans (Brésil)
- 2012 Coupe de France (Olympique Lyonnais)
- 2010 Vice-champion de France (Olympique Lyonnais)
- 2010 Demi-finaliste Ligue des champions (Olympique Lyonnais)
- 2012 Finaliste Coupe de la Ligue (Olympique Lyonnais)
Une carrière coupée en deux par un match amical
Il y a deux Ederson à l'Olympique lyonnais. Celui de 2008 à 2010, milieu offensif de 22 ans acheté 14 millions d'euros, qui enchaîne 45 puis 37 matchs et qu'on présente comme le successeur naturel de Juninho dans le rôle de créateur. Et celui de 2010 à 2012, qui n'en joue plus que 33 en deux saisons.
Entre les deux, un amical Brésil contre États-Unis, le 10 août 2010, et trois minutes de jeu. Le temps d'entrer et de sentir ses ischio-jambiers se rompre totalement. Il a 24 ans, il vient d'obtenir la sélection qu'il attendait depuis son titre mondial des moins de 17 ans en 2003, et il ne rejouera plus jamais au niveau qui était le sien.
Ce n'est pas la version romancée d'une blessure ordinaire : les 115 matchs qu'il a disputés à Lyon se répartissent en 82 sur les deux premières saisons et 33 sur les deux dernières. La courbe se lit en un coup d'œil.
Nice, trois saisons et un ailier que toute l'Europe regarde
Né le 13 janvier 1986 à Parapuã, une petite ville de l'intérieur de l'État de São Paulo, Ederson Honorato Campos se fait connaître très tôt : champion du monde des moins de 17 ans avec le Brésil en 2003, à 17 ans, avec 7 matchs et un but dans le tournoi.
Son parcours brésilien est en revanche décousu. Il joue 72 matchs pour 37 buts à RS Futebol, un club de développement du Rio Grande do Sul, passe trois matchs à l'Internacional et cinq à Juventude. À 19 ans, il arrive à l'OGC Nice, d'abord en prêt sur l'initiative de Gernot Rohr, puis définitivement sous Frédéric Antonetti.
Ses trois saisons niçoises produisent 105 matchs et 19 buts. C'est en 2007-2008 qu'il devient le joueur que Chelsea, Arsenal, le Real Madrid et l'Inter Milan viennent observer, selon la presse de l'époque. C'est l'OL qui conclut, le premier et au prix fort.
29 janvier 2008 : 14 millions, et six mois d'attente
L'OL signe Ederson le 29 janvier 2008, en plein mercato d'hiver, pour un montant qu'Aulas situe autour de 14 millions d'euros. Détail rare : le joueur ne rejoint pas Lyon immédiatement. Il reste prêté à Nice jusqu'à la fin de la saison 2007-2008, et ne porte le maillot lyonnais qu'à partir de l'été.
Quatorze millions en janvier 2008, c'était énorme pour le club. Aujourd'hui, ce montant ne figurerait même pas dans les dix premiers achats de son histoire, ce qui donne la mesure de l'inflation du marché en quinze ans.
| Rang | Recrue | Provenance | Année | Indemnité |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Orel Mangala | Nottingham Forest | 2024 | 35,1 M€ |
| 2 | Moussa Niakhaté | Nottingham Forest | 2024 | 31,9 M€ |
| 3 | Jeff Reine-Adélaïde | Angers SCO | 2019 | 25 M€ |
| 4 | Lisandro López | FC Porto | 2009 | 24 M€ |
| 5 | Joachim Andersen | Sampdoria | 2019 | 24 M€ |
| 6 | Lucas Paquetá | AC Milan | 2020 | 23 M€ |
| 7 | Yoann Gourcuff | Girondins de Bordeaux | 2010 | 22 M€ |
| 8 | Moussa Dembélé | Celtic Glasgow | 2018 | 22 M€ |
| 9 | Thiago Mendes | LOSC Lille | 2019 | 22 M€ |
| 10 | Saïd Benrahma | West Ham United | 2024 | 20,4 M€ |
| hors top 10 | Ederson | OGC Nice | 2008 | ≈ 14 M€ |
Classement des dix plus gros achats de l'histoire de l'OL, d'après Maxifoot et Transfermarkt (2024). Les 14 M€ d'Ederson, en janvier 2008, plaçaient pourtant le transfert parmi les plus chers jamais conclus par le club à cette date.
Ses quatre saisons à l'OL, compétition par compétition
Le tableau raconte l'histoire mieux que n'importe quel paragraphe. Deux saisons à plus de 37 matchs, une saison réduite à 8, puis un retour partiel.
| Saison | Ligue 1 | Coupes nationales | Europe | Total | Buts | L'équipe finit |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2008-2009 | 35 | 2 | 8 (C1) | 45 | 5 | 3e de Ligue 1 |
| 2009-2010 | 24 | 3 | 10 (C1) | 37 | 2 | 2e, demi-finale de C1 |
| 2010-2011 | 8 | 0 | 0 | 8 | 2 | 3e de Ligue 1 |
| 2011-2012 | 15 | 4 | 6 (C1) | 25 | 2 | 4e, Coupe de France |
| Total OL | 82 | 9 | 24 | 115 | 11 |
Source : tableau détaillé de statistiques de sa page Wikipédia française, qui recoupe exactement la base de ce site (115 matchs, 11 buts). Les 24 matchs européens ont tous été disputés en Ligue des champions, jamais en Ligue Europa : sur ses quatre saisons, l'OL a toujours été qualifié pour la C1.
La courbe d'un joueur cassé en deux
Sur ce graphique, la barre 2010-2011 est celle de la blessure. Huit matchs de championnat, aucune coupe, aucune Europe, pour un joueur qui en avait disputé 82 les deux saisons précédentes.
| Saison | Ligue 1 | Coupes nationales | Europe |
|---|---|---|---|
| 2008-2009 | 35 | 2 | 8 |
| 2009-2010 | 24 | 3 | 10 |
| 2010-2011 | 8 | 0 | 0 |
| 2011-2012 | 15 | 4 | 6 |
Matchs disputés par saison et par type de compétition sous le maillot lyonnais.
10 août 2010 : trois minutes en jaune
Après la Coupe du monde 2010 et l'élimination du Brésil en quart de finale, Dunga est remercié et Mano Menezes prend la sélection. Pour son premier match, un amical contre les États-Unis, il convoque une génération neuve. Ederson, 24 ans, sortant de deux saisons pleines à Lyon et d'une demi-finale de Ligue des champions, en fait partie.
Il entre en jeu. Trois minutes plus tard, il s'écroule. Le diagnostic est une rupture totale des ischio-jambiers, c'est-à-dire ce qu'un footballeur professionnel redoute le plus après le ligament croisé.
Il ne reprend l'entraînement qu'en février 2011, avec la réserve. Sa saison 2010-2011 se limite à 8 matchs de Ligue 1. Et il rechute en juillet 2011, lors d'un contact violent à l'entraînement avec son coéquipier Dejan Lovren.
Une sélection, trois minutes de jeu, une carrière retournée. Le Brésil ne l'a jamais rappelé.
Sources : page Wikipédia française du joueur et communications de la CBF sur la composition du groupe brésilien d'août 2010.
Sa place dans l'histoire du club
Avec 115 matchs, Ederson est 119e des 577 joueurs chiffrés de la base de ce site, et le douzième Brésilien le plus utilisé de l'histoire du club. Le tableau ci-dessous le replace parmi les créateurs et attaquants de sa génération lyonnaise, celle de l'après-septième titre.
| Milieu ou attaquant arrivé entre 2005 et 2011 | Période | Matchs | Buts |
|---|---|---|---|
| Maxime Gonalons | 2009-2017 | 334 | 13 |
| Kim Källström | 2006-2012 | 283 | 22 |
| Jérémy Toulalan | 2006-2011 | 246 | 1 |
| Lisandro López | 2009-2013 | 168 | 82 |
| Michel Bastos | 2009-2013 | 142 | 35 |
| Yoann Gourcuff | 2010-2015 | 128 | 19 |
| Miralem Pjanić | 2008-2011 | 121 | 16 |
| Ederson | 2008-2012 | 115 | 11 |
| Jean II Makoun | 2008-2011 | 105 | 12 |
| César Delgado | 2008-2011 | 101 | 9 |
Chiffres issus de la base de 608 joueurs de ce site. Ederson, Pjanić, Makoun et Delgado sont tous arrivés dans la même fenêtre de deux ans, celle où l'OL tente de reconstruire un milieu créatif après le déclin de Juninho, parti en 2009.
Le poids réel de son passage
Une manière plus juste de le mesurer : rapporter ses matchs au nombre de rencontres officielles disputées par le club pendant qu'il était sous contrat. Sur ses deux premières saisons, il joue environ trois quarts des matchs de l'OL. Sur les deux suivantes, moins d'un quart.
| Période | Matchs joués | Buts | Moyenne par saison | Ce qui s'est passé |
|---|---|---|---|---|
| 2008-2010 (avant la blessure) | 82 | 7 | 41 matchs | Titulaire, numéro 10 après le départ de Benzema |
| 2010-2012 (après) | 33 | 4 | 16,5 matchs | Rupture des ischio-jambiers, rechute, rotation |
| Total | 115 | 11 | 28,75 |
Son ratio de buts, en revanche, s'améliore après la blessure : 4 buts en 33 matchs contre 7 en 82. Un joueur qui joue moins mais qui entre plus souvent dans les trente derniers mètres.
2011-2012 : trois finales et le dernier trophée majeur du club
Sa dernière saison lyonnaise est paradoxale. Il ne joue que 25 matchs, mais l'équipe de Rémi Garde dispute deux finales nationales, et remporte la Coupe de France 2012 contre l'US Quevilly, club de troisième division, au Stade de France le 28 avril.
Ederson fait partie du groupe champion mais n'apparaît pas sur la feuille de match de cette finale. Le onze de départ était Lloris, Réveillère, Cris, Lovren, Cissokho, Gonalons, Källström, Gourcuff, Lacazette, Lisandro López et Gomis. Lisandro a marqué l'unique but sur une passe de Lacazette.
Cette Coupe de France 2012 reste le dernier trophée majeur du club. Il y aura encore le Trophée des Champions à l'été suivant, mais Ederson sera déjà parti pour Rome.
| Compétition, saison 2011-2012 | Résultat de l'OL | Adversaire décisif |
|---|---|---|
| Coupe de France | Vainqueur (1-0) | US Quevilly, National |
| Coupe de la Ligue | Finaliste (0-1) | Olympique de Marseille |
| Ligue des champions | Huitièmes de finale | APOEL Nicosie, éliminé aux tirs au but |
| Ligue 1 | 4e | Montpellier champion |
Source : page palmarès de ce site. L'élimination par l'APOEL Nicosie en huitième de finale de Ligue des champions reste l'une des plus mal vécues de l'histoire européenne du club.
Rome, Rio, et un combat contre le cancer
Ederson quitte Lyon à l'été 2012 pour la Lazio de Rome, où il signe cinq ans. Il y dispute 50 matchs et marque 5 buts en trois saisons. C'est à cette période qu'il obtient la nationalité italienne.
Il rentre au Brésil en 2015 et signe à Flamengo, où il joue 39 matchs pour 4 buts. Le 25 juillet 2017, le club annonce publiquement qu'il est atteint d'un cancer des testicules. Il se soigne, revient à l'entraînement, mais ne retrouve pas de place durable.
Il annonce sa retraite en janvier 2020, à 33 ans, en expliquant simplement qu'il ne s'estime plus à 100 %. Entre son premier match professionnel en 2003 et ce jour-là, dix-sept ans se sont écoulés, dont quatre à Lyon.
Carrière complète en club
| Club | Pays | Période | Matchs | Buts |
|---|---|---|---|---|
| RS Futebol | 🇧🇷 | 2003-2004 | 72 | 37 |
| SC Internacional | 🇧🇷 | 2004 | 3 | 0 |
| EC Juventude | 🇧🇷 | 2004 | 5 | 1 |
| OGC Nice | 🇫🇷 | 2005-2008 | 105 | 19 |
| Olympique Lyonnais | 🇫🇷 | 2008-2012 | 115 | 11 |
| Lazio Rome | 🇮🇹 | 2012-2015 | 50 | 5 |
| CR Flamengo | 🇧🇷 | 2015-2018 | 39 | 4 |
| Total | 389 | 77 | ||
Source : Wikipédia. Les 72 matchs et 37 buts de RS Futebol, un club de formation du Rio Grande do Sul, correspondent à des championnats régionaux et gonflent artificiellement son ratio de buts en carrière. Sur ses seuls clubs de premier plan, il tourne à 40 buts en 309 matchs.
Où l'OL se situe dans sa carrière
Lyon est le club où il a le plus joué en professionnel, devant Nice. Les deux réunis représentent plus de la moitié de sa carrière : la France est le pays de sa vie de footballeur.
| Club | Matchs |
|---|---|
| Olympique Lyonnais (2008-2012) | 115 |
| OGC Nice (2005-2008) | 105 |
| RS Futebol (2003-2004) | 72 |
| Lazio Rome (2012-2015) | 50 |
| CR Flamengo (2015-2018) | 39 |
| EC Juventude (2004) | 5 |
| SC Internacional (2004) | 3 |
Matchs joués par club, toutes compétitions. La barre rouge correspond à son passage lyonnais.
Ce qu'il faisait bien
- La conduite de balle en pleine course. C'est ce que Nice a vendu et ce que Lyon a acheté : un joueur capable de traverser trente mètres balle au pied sans lever la tête et sans la perdre.
- La frappe des deux pieds, souvent enroulée depuis l'entrée de la surface. Ses 11 buts lyonnais sont majoritairement des frappes de loin plutôt que des finitions dans la surface.
- La polyvalence sur le front offensif : ailier gauche, ailier droit ou meneur, il a occupé les trois postes sous Claude Puel puis Rémi Garde.
- Ce qui manquait, après 2010 : l'explosivité. Une rupture complète des ischio-jambiers à 24 ans laisse un joueur techniquement intact et physiquement diminué, ce qui est exactement ce qu'on a vu.
Appréciations subjectives, assumées comme telles, appuyées sur la répartition de son temps de jeu avant et après août 2010.
Trois choses à savoir sur Ederson
- Sa seule sélection en équipe du Brésil a duré trois minutes, en août 2010 contre les États-Unis, et s'est terminée sur une rupture totale des ischio-jambiers. Il avait 24 ans et sortait de deux saisons à 45 et 37 matchs avec l'OL.
- Il n'a aucun lien avec Ederson Santana de Moraes, le gardien de Manchester City né en 1993. La confusion est fréquente : les deux sont brésiliens et portent le même prénom d'usage.
- Il fait partie du groupe qui a remporté la Coupe de France 2012, dernier trophée majeur de l'OL à ce jour, sans jouer la finale. Il a quitté le club l'été suivant pour la Lazio.
Questions fréquentes sur Ederson
Combien de matchs Ederson a-t-il joués à l'OL ?
115 matchs officiels et 11 buts entre 2008 et 2012 : 82 en Ligue 1, 24 en coupes d'Europe et 9 en coupes nationales. C'est le 119e total de l'histoire du club parmi les 577 joueurs chiffrés de ce site.
Combien l'OL a-t-il payé Ederson ?
Environ 14 millions d'euros à l'OGC Nice, selon le chiffre donné par Jean-Michel Aulas. Le contrat est signé le 29 janvier 2008, mais le joueur reste prêté à Nice jusqu'à la fin de la saison 2007-2008 et ne porte le maillot lyonnais qu'à partir de l'été suivant.
Combien de sélections Ederson a-t-il avec le Brésil ?
Une seule, en amical contre les États-Unis en août 2010, sous Mano Menezes. Elle a duré trois minutes : il sort sur une rupture totale des ischio-jambiers, blessure qui lui coûte pratiquement toute la saison 2010-2011, réduite à 8 matchs. Il avait auparavant été champion du monde des moins de 17 ans avec le Brésil en 2003.
Ederson a-t-il gagné un titre avec l'OL ?
Oui, la Coupe de France 2012, dernier trophée majeur remporté par le club. Il faisait partie du groupe mais n'était pas sur la feuille de match de la finale gagnée 1-0 contre l'US Quevilly, le 28 avril 2012 au Stade de France.
Qu'est devenu Ederson après le football ?
Il a joué à la Lazio de Rome de 2012 à 2015, puis à Flamengo. Le 25 juillet 2017, le club brésilien annonce qu'il est atteint d'un cancer des testicules. Il met un terme à sa carrière en janvier 2020, à 33 ans, en expliquant ne plus se sentir à 100 %.
Faut-il confondre Ederson de l'OL avec le gardien de Manchester City ?
Non. L'Ederson de l'OL est Ederson Honorato Campos, milieu offensif né en 1986 à Parapuã. Le gardien de Manchester City est Ederson Santana de Moraes, né en 1993 à Osasco. Ils n'ont aucun lien de parenté et n'ont jamais joué ensemble.