Photo : MHSC TV - Montpellier Hérault Sport Club, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons
Palmarès
- 2012 Trophée des champions (Olympique Lyonnais)
- 2015 Vice-champion de France (Olympique Lyonnais)
- 2016 Vice-champion de France (Olympique Lyonnais)
- 2015 Finaliste Trophée des champions (Olympique Lyonnais)
- 2016 Finaliste Trophée des champions (Olympique Lyonnais)
- 2019 Homme du match de la 23e journée (Nîmes Olympique)
Deux cent treize matchs sans jamais être indiscutable
Il existe une catégorie de joueurs que les statistiques traitent mal : ceux qui jouent beaucoup sans jamais être titulaires. Jordan Ferri en est l'exemple parfait à l'OL. Sept saisons, 213 matchs, trente-neuvième joueur le plus utilisé de l'histoire du club, et pourtant aucune saison où l'on puisse dire qu'il tenait une place.
Sa fiche est celle d'un joueur d'entre-deux : trop bon pour être écarté, jamais assez pour verrouiller le poste. Il entre à la place de Anthony Réveillère pour son premier match de Ligue 1 et sort du club quand Tanguy Ndombélé et Houssem Aouar arrivent. Entre les deux, il a traversé six entraîneurs et deux stades.
Il laisse quand même deux traces que le club n'oubliera pas : un tacle et un but, à deux mois d'intervalle, en novembre 2015 et en janvier 2016.
De Saint-Rémy-de-Provence au centre de formation
Né le 12 mars 1992 à Cavaillon, dans le Vaucluse, il commence le football en 1998 à l'AS Saint-Rémy, le club de Saint-Rémy-de-Provence. Il y reste neuf ans, jusqu'à quinze ans, avant d'intégrer le centre de formation de l'OL en 2007.
Cinq ans de formation, puis cinq saisons de réserve en parallèle : entre 2009 et 2014, il dispute 63 matchs de CFA avec l'équipe B et y marque 10 buts, dont six lors de la seule saison 2011-2012. Il signe son premier contrat professionnel le 6 juin 2012, à vingt ans.
Ses débuts : Bilbao, Prague, Nancy
Le 8 novembre 2012, il entre à la 81e minute à la place d'Alexandre Lacazette sur la pelouse de l'Athletic Bilbao, en Ligue Europa. L'OL gagne 3-2 chez le finaliste de l'édition précédente. C'est son premier match professionnel.
Deux semaines plus tard, le 22 novembre, il est titularisé pour la première fois, à Prague contre le Sparta (1-1). Puis vient le championnat : le 12 décembre 2012, 17e journée contre Nancy, il remplace Anthony Réveillère à la 30e minute d'un match nul 1-1. Le vétéran qui sort a alors dix ans de club derrière lui ; le jeune qui entre en fera sept.
Ses quatre premières fois, en un an
- 6 juin 2012 : premier contrat professionnel, à vingt ans.
- 8 novembre 2012 : premier match professionnel, à Bilbao, entré pour Lacazette à la 81e.
- 12 décembre 2012 : premier match de Ligue 1, contre Nancy, entré pour Anthony Réveillère à la 30e.
- 31 août 2013 : premier but professionnel, à Évian Thonon-Gaillard, d'une frappe de trente mètres dans la lucarne de Bertrand Laquait.
Ses sept saisons à l'OL, compétition par compétition
Le tableau se lit comme une cloche : deux saisons de montée en puissance, un plateau de trois ans entre 35 et 44 matchs, puis une chute brutale. La saison 2018-2019 se résume à cinq matchs avant un prêt en novembre.
| Saison | Ligue 1 | Coupe de France | Coupe de la Ligue | Tr. des ch. | Europe | Total | Buts | L1 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2012-2013 | 7 | – | – | – | 3 (C3) | 10 | – | 3e |
| 2013-2014 | 29 | 1 | 1 | – | 11 (C1+C3) | 42 | 4 | 5e |
| 2014-2015 | 35 | 2 | 1 | – | 4 (C3) | 42 | 2 | 2e |
| 2015-2016 | 34 | 2 | 2 | 1 | 5 (C1) | 44 | 3 | 2e |
| 2016-2017 | 27 | 1 | 1 | 1 | 5 (C1+C3) | 35 | 3 | 4e |
| 2017-2018 | 24 | 3 | 1 | – | 6 (C3) | 34 | – | 3e |
| 2018-2019 | 4 | – | – | – | 1 (C1) | 5 | – | 3e |
| Total OL | 161 | 9 | 6 | 2 | 35 | 213 | 12 | 7 saisons |
Source : Wikipédia, tableau détaillé par saison. Une réserve d'une unité : la colonne Ligue 1 s'additionne à 160 alors que le total publié est de 161, et le total général est donné à 213. L'écart d'un match n'est pas résolu et le total publié est conservé ici, puisque c'est celui que reprennent toutes les autres sources. Il ajoute à ces 213 matchs 18 passes décisives, dont 15 en Ligue 1.
Sa charge de travail, saison par saison
Trois saisons pleines, de 2013-2014 à 2015-2016, encadrées par une saison de découverte et deux saisons de déclin. Le pic européen de 2013-2014, avec onze matchs, correspond au parcours de l'OL en Ligue Europa après un repêchage de la Ligue des champions.
| Saison | Ligue 1 | Coupes nationales | Europe |
|---|---|---|---|
| 2012-2013 | 7 | 0 | 3 |
| 2013-2014 | 29 | 2 | 11 |
| 2014-2015 | 35 | 3 | 4 |
| 2015-2016 | 34 | 5 | 5 |
| 2016-2017 | 27 | 3 | 5 |
| 2017-2018 | 24 | 4 | 6 |
| 2018-2019 | 4 | 0 | 1 |
Matchs par saison et par type de compétition sous le maillot lyonnais.
Trois buts de trente mètres en une seule saison
Sa signature, c'est la frappe de loin. Son premier but professionnel, le 31 août 2013 à Évian Thonon-Gaillard, part de trente mètres et finit dans la lucarne de Bertrand Laquait, dans une défaite 2-1. La même saison, il en remet deux autres de l'extérieur de la surface : à Valenciennes, dans une victoire 2-1, puis à Gerland contre le Paris Saint-Germain, dans une victoire 1-0.
Trois buts de loin en une saison, dont un qui bat le PSG version qatarie à lui seul : c'est ce qui l'a rendu populaire à Gerland, et c'est aussi ce qui explique le décalage entre son image et son total réel de douze buts en sept ans.
| Compétition | Matchs | Buts | Passes décisives |
|---|---|---|---|
| Ligue 1 | 161 | 7 | 15 |
| Coupes d'Europe | 35 | 5 | 2 |
| Coupe de France | 9 | 0 | 0 |
| Coupe de la Ligue | 6 | 0 | 1 |
| Trophée des champions | 2 | 0 | 0 |
| Total OL | 213 | 12 | 18 |
Comme Maxime Gonalons avant lui, il marquait proportionnellement plus en Europe qu'en championnat : cinq buts en 35 matchs européens, contre sept en 161 matchs de Ligue 1. Un but tous les sept matchs d'un côté, tous les vingt-trois de l'autre.
Novembre 2015, janvier 2016 : le dernier derby et le premier match
Deux mois séparent les deux séquences pour lesquelles son nom reste attaché à cette période du club, et elles disent bien la bascule que le club vivait alors.
Le 8 novembre 2015, l'OL reçoit Saint-Étienne à Gerland. C'est le dernier derby de l'histoire du stade. Ferri commet un tacle bien trop appuyé sur l'attaquant stéphanois Robert Berić et n'écope que d'un carton jaune. Le diagnostic tombe ensuite : rupture du ligament croisé du genou droit, six mois d'absence. L'OL gagne 3-0. La séquence a durablement empoisonné les rapports entre les deux tribunes.
Le 9 janvier 2016, l'OL joue son tout premier match dans le nouveau stade de Décines. Victoire 4-1 contre Troyes, et Jordan Ferri est l'un des buteurs. Un joueur formé au club marque dans le stade que le club vient de construire, le jour de son inauguration sportive.
Entre les deux, il y a l'équipe qui déménage, le capitaine Maxime Gonalons qui fait la transition, et un milieu de vingt-trois ans qui, en deux mois, aura marqué la dernière page de Gerland et la première de Décines.
Sa place dans l'histoire du club
Avec 213 matchs, il est trente-neuvième des 587 joueurs chiffrés de la base de ce site, et onzième parmi les joueurs formés au club qui ont atteint le groupe professionnel. C'est ce second classement qui compte pour lui, et il y a de la compagnie.
| Rang | Formé à l'OL | Poste | Période pro | Matchs | Buts |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Fleury Di Nallo | Attaquant | 1960-1974 | 494 | 222 |
| 2 | Anthony Lopes | Gardien | 2012-2025 | 489 | 0 |
| 3 | Sidney Govou | Attaquant | 1999-2010 | 412 | 77 |
| 4 | Alexandre Lacazette | Attaquant | 2010-2017, 2022-2025 | 391 | 201 |
| 5 | Maxime Gonalons | Milieu | 2009-2017 | 334 | 12 |
| 6 | Raymond Domenech | Défenseur | 1970-1978 | 293 | 12 |
| 7 | Florent Laville | Défenseur | 1993-2003 | 268 | 4 |
| 8 | Bernard Lacombe | Attaquant | 1969-1978 | 258 | 149 |
| 9 | Steed Malbranque | Milieu | 1997-2001, 2012-2016 | 240 | 19 |
| 10 | Houssem Aouar | Milieu | 2016-2023 | 233 | 41 |
| 11 | Jordan Ferri | Milieu | 2012-2019 | 213 | 12 |
| 12 | Jean Djorkaeff | Défenseur | 1957-1966 | 193 | 23 |
| 13 | Nabil Fekir | Attaquant | 2013-2019 | 193 | 69 |
Classement croisé entre le recensement des joueurs formés au club de la page formation et les totaux de la base de ce site, soit 51 joueurs formés dont les statistiques sont chiffrées. Ferri est le troisième milieu formé au club de l'histoire, derrière Gonalons et Malbranque, et devant Aouar d'un cheveu au moment de son départ.
Les joueurs formés à l'OL au-delà de 200 matchs
Ils sont onze depuis 1950. Le graphique montre à quel point la marche est haute entre le peloton et le trio de tête.
| Joueur formé à l'OL | Matchs en équipe première |
|---|---|
| Fleury Di Nallo | 494 |
| Anthony Lopes | 489 |
| Sidney Govou | 412 |
| Alexandre Lacazette | 391 |
| Maxime Gonalons | 334 |
| Raymond Domenech | 293 |
| Florent Laville | 268 |
| Bernard Lacombe | 258 |
| Steed Malbranque | 240 |
| Houssem Aouar | 233 |
| Jordan Ferri | 213 |
Matchs en équipe première des onze joueurs formés à l'OL ayant dépassé 200 rencontres. La barre rouge est Jordan Ferri.
Un titre gagné sans le jouer
Wikipédia lui crédite le Trophée des champions 2012, remporté le 28 juillet 2012 contre Montpellier. Le tableau détaillé de ses matchs ne lui en attribue pourtant aucun cette saison-là : ses deux seules apparitions dans cette compétition sont les finales perdues de 2015 et de 2016, contre le PSG à chaque fois.
Son unique ligne de palmarès en club est donc un trophée soulevé quatre mois avant ses débuts professionnels, gagné par une équipe où il ne jouait pas encore. Deux vice-championnats de France, en 2015 et 2016, complètent un bilan que sept saisons dans un club de Ligue des champions n'ont pas suffi à étoffer : c'est aussi le portrait d'une décennie lyonnaise.
Le départ : Nîmes, puis Montpellier pour deux millions
La saison 2017-2018 scelle son sort. Tanguy Ndombélé arrive, Houssem Aouar éclot, et Ferri tombe à trois titularisations en championnat entre la première et la trente et unième journée. Le 1er avril 2018, il entre à la 81e minute contre Toulouse : c'est son deux-centième match sous le maillot lyonnais, et il le joue en entrant en fin de rencontre.
Le 23 novembre 2018, il est prêté à Nîmes jusqu'à la fin de la saison. Il y joue 25 matchs, marque deux buts, et est élu homme du match de la 23e journée, contre Montpellier. Sept mois plus tard, le 20 juin 2019, c'est justement Montpellier qui l'achète, pour 2 millions d'euros plus 1,2 million de bonus.
Il y restera six ans et 187 matchs. Le 20 mai 2023 à Nantes, il dispute son 300e match de Ligue 1 et marque, dans la même rencontre, son premier but sous le maillot montpelliérain, lors de sa quatrième saison au club. Le 7 août 2025, à trente-trois ans, il quitte la France pour l'UC Sampdoria, en Serie B, où il porte le numéro 4.
Carrière complète en club
| Club | Pays | Période | Matchs | Buts |
|---|---|---|---|---|
| Olympique Lyonnais | 🇫🇷 | 2012-2019 | 213 | 12 |
| Nîmes Olympique (prêt) | 🇫🇷 | 2018-2019 | 25 | 2 |
| Montpellier HSC | 🇫🇷 | 2019-2025 | 187 | 3 |
| UC Sampdoria | 🇮🇹 | depuis 2025 | 6 | 0 |
| Total (au 9 décembre 2025) | 431 | 17 | ||
Source : Wikipédia, tableau détaillé mis à jour au 9 décembre 2025 ; le total à la Sampdoria a pu évoluer depuis. À ces 431 matchs professionnels s'ajoutent 63 matchs de CFA avec la réserve lyonnaise entre 2009 et 2014, pour 10 buts. Son passage à l'OL représente la moitié de sa carrière professionnelle en matchs.
Ce qu'il faisait bien
- La frappe de loin. Trois buts de l'extérieur de la surface sur la seule saison 2013-2014, dont celui qui bat le PSG 1-0 à Gerland. C'est ce qu'on retient de lui, et à juste titre.
- La dernière passe. Quinze passes décisives en 161 matchs de Ligue 1, dont six sur la seule saison 2014-2015, sa meilleure année lyonnaise.
- La polyvalence au milieu. Utilisé en sentinelle, en relayeur et parfois plus haut, ce qui explique en partie son volume de matchs : il servait à boucher plusieurs trous plutôt qu'à en tenir un.
- Ce qui manquait : l'impact physique. À 1,73 m dans un milieu lyonnais qui a compté Gonalons, Ndombélé puis Lucas Tousart, il n'a jamais pu s'imposer comme un point d'ancrage, et son profil se retrouvait en concurrence avec des joueurs plus créatifs devant lui.
Les chiffres de buts et de passes décisives sont ceux du tableau détaillé de Wikipédia. Les appréciations sont assumées comme telles.
Trois choses à savoir sur Jordan Ferri
- Il a joué le dernier derby de l'histoire de Gerland, le 8 novembre 2015, et marqué au premier match de l'OL à Décines, le 9 janvier 2016. Deux mois séparent les deux.
- Son unique titre en club, le Trophée des champions 2012, a été gagné quatre mois avant ses débuts professionnels : le tableau de ses matchs ne lui en attribue aucun cette saison-là.
- Son deux-centième match sous le maillot lyonnais, le 1er avril 2018 contre Toulouse, il l'a joué en entrant à la 81e minute.
Les saisons de l'OL qu'il a traversées :
Questions fréquentes sur Jordan Ferri
Combien de matchs Jordan Ferri a-t-il joués à l'OL ?
213 matchs officiels entre 2012 et 2019, pour 12 buts : 161 en Ligue 1, 35 en coupes d'Europe, 9 en Coupe de France, 6 en Coupe de la Ligue et 2 au Trophée des champions. C'est le 39e total de l'histoire du club et le 11e d'un joueur formé au centre de formation.
Jordan Ferri a-t-il marqué au premier match du Parc OL ?
Oui. Le 9 janvier 2016, lors du tout premier match de l'OL dans son nouveau stade de Décines, il inscrit un but dans la victoire 4-1 contre Troyes. Deux mois plus tôt, il avait aussi joué le tout dernier derby de l'histoire de Gerland.
Que s'est-il passé entre Jordan Ferri et Robert Berić ?
Le 8 novembre 2015, lors du dernier derby Lyon - Saint-Étienne disputé à Gerland, Ferri commet un tacle bien trop appuyé sur l'attaquant stéphanois Robert Berić. Il n'écope que d'un carton jaune. Berić souffre d'une rupture du ligament croisé du genou droit et reste six mois absent. L'OL gagne le match 3-0.
Combien de titres Jordan Ferri a-t-il gagnés avec l'OL ?
Un seul, le Trophée des champions 2012, et le tableau de ses matchs ne lui en attribue aucun cette saison-là : il l'a gagné sans le jouer, quatre mois avant ses débuts professionnels. Ses deux seules apparitions dans cette compétition sont les finales perdues de 2015 et 2016. Il a aussi fini deux fois vice-champion de France.
Pourquoi Jordan Ferri a-t-il quitté l'OL ?
Par manque de temps de jeu. En 2017-2018, l'émergence de Tanguy Ndombélé et Houssem Aouar le relègue à trois titularisations en championnat entre la 1re et la 31e journée. Il est prêté à Nîmes le 23 novembre 2018, puis vendu à Montpellier le 20 juin 2019 pour 2 millions d'euros plus 1,2 million de bonus.
Où joue Jordan Ferri aujourd'hui ?
À l'UC Sampdoria, en Serie B italienne, où il porte le numéro 4 depuis son transfert du 7 août 2025. Il y arrive après six saisons à Montpellier, 187 matchs et son 300e match de Ligue 1 disputé le 20 mai 2023 à Nantes.