Photo : Reto Stauffer, www.sportreporter.ch, CC BY-SA 2.0 de, via Wikimedia Commons
Palmarès
- 2002 Ligue 1 (Olympique Lyonnais)
- 2003 Ligue 1 (Olympique Lyonnais)
- 2004 Ligue 1 (Olympique Lyonnais)
- 2006 Ligue 1 (Olympique Lyonnais)
- 2007 Ligue 1 (Olympique Lyonnais)
- 2008 Ligue 1 (Olympique Lyonnais)
- 2008 Coupe de France (Olympique Lyonnais)
- 2001 Coupe de la Ligue (Olympique Lyonnais)
- 2002 Trophée des Champions (Olympique Lyonnais)
- 2003 Trophée des Champions (Olympique Lyonnais)
- 2006 Trophée des Champions (Olympique Lyonnais)
- 2007 Trophée des Champions (Olympique Lyonnais)
- 1999 Championnat de Suisse (Servette FC)
- 2005 Championnat de Suisse (FC Bâle)
Le joueur des deux extrémités
La série des sept titres consécutifs de l'OL, de 2002 à 2008, a eu ses figures permanentes comme Juninho, Grégory Coupet ou Sidney Govou. Patrick Müller, lui, a fait autrement : il est là au début, il part, il revient, et il est là à la fin.
Premier passage de 2000 à 2004 : la Coupe de la Ligue 2001, dont il marque le but victorieux, puis les titres de champion 2002, 2003 et 2004. Départ pour Majorque puis Bâle. Retour en 2006 : les titres 2006, 2007 et 2008, plus la Coupe de France 2008, c'est-à-dire le doublé et la fin de la série.
Total : six titres de champion, une Coupe de France, une Coupe de la Ligue et quatre Trophées des Champions. Douze trophées, sur 220 matchs. C'est le total le plus élevé de tous les joueurs présentés dans cette série de fiches, devant les onze de Cláudio Caçapa.
Genève, Zurich, et un passage éclair à la Juventus
Müller naît à Genève en décembre 1976. Il apprend le football au FC Meyrin, de 1984 à 1994, en même temps qu'un autre futur international suisse, Johann Vogel. Il entre au Servette FC en 1994, passe en équipe première un an plus tard et s'y installe immédiatement comme titulaire : 104 matchs de championnat en quatre saisons, et le titre de champion de Suisse au terme de la saison 1998-1999.
Sur ses origines, les deux versions de Wikipédia ne disent pas la même chose : la française donne un père autrichien et une mère genevoise, l'anglaise un père allemand et une mère suisse originaire de Lausanne. Le point qui compte pour sa carrière est le même dans les deux cas : la nationalité de son père lui vaut le statut de joueur communautaire, ce qui ne consomme aucune des places réservées aux extracommunautaires dans les effectifs européens.
Le contrat de cinq ans à la Juventus, sans un seul entraînement
C'est l'épisode le plus étrange de sa carrière, et il n'apparaît nulle part sur les fiches françaises. Un recruteur de la Juventus le voit lors d'une de ses premières sélections avec la Suisse. Le club turinois lui offre dans la foulée un contrat de cinq ans, qui devait démarrer en janvier 1999.
Müller signe, mais demande à ne rejoindre l'Italie qu'à l'été. La Juventus accepte et le prête entre-temps aux Grasshoppers de Zurich. Il n'y aura jamais ni match ni même séance d'entraînement avec la Juventus : à l'été 1999, ce sont les Grasshoppers qui rachètent son contrat et le conservent définitivement. Patrick Müller est donc, sur le papier, un ancien joueur de la Juventus qui n'a jamais mis les pieds au centre d'entraînement.
Le 24 mai 2000, son transfert à l'OL est annoncé, sur un contrat de quatre ans. Le montant, l'équivalent de 12,75 millions de francs suisses (7,6 millions d'euros selon la version française de Wikipédia), est alors le plus élevé jamais payé pour un joueur suisse, tous clubs confondus. Il a 23 ans.
5 mai 2001, 118e minute
L'OL affronte Monaco. Cláudio Caçapa ouvre le score à la 35e minute, Shabani Nonda égalise à la 64e. Le match part en prolongation. À la 118e minute, soit deux minutes avant les tirs au but, Patrick Müller marque. Victoire 2-1. L'OL remporte sa première coupe nationale depuis la Coupe de France 1973, vingt-huit ans plus tôt, et le premier trophée de l'ère Jean-Michel Aulas.
C'est l'un des sept buts qu'il inscrira sous le maillot lyonnais, et de très loin le plus important. Pour un défenseur central qui marque en moyenne une fois tous les trente et un matchs, avoir placé l'un de ses buts à cet endroit-là de l'histoire du club relève d'une forme de timing rare.
Deux passages, deux rôles
Son premier séjour est celui d'un titulaire. De 2000 à 2004, il dispute 185 matchs toutes compétitions, soit une moyenne de plus de 46 par saison, dans une charnière qu'il partage avec Caçapa, Florent Laville et Jérémie Bréchet. Il marque 2 buts en championnat sur la période, plus celui de la finale 2001.
Il quitte Lyon libre à l'été 2004 pour le RCD Majorque, et l'expérience tourne court : 6 matchs, dont deux comme remplaçant, et une rupture de contrat anticipée au bout de quelques mois. Il qualifiera lui-même ce transfert de recul dans sa carrière.
Le 7 janvier 2005, il signe pour deux ans et demi au FC Bâle, où l'entraîneur est Christian Gross. Il débute le 17 février contre Lille au St. Jakob-Park, en seizièmes de finale de la Coupe UEFA (0-0), puis en championnat trois jours plus tard à Saint-Gall, une défaite 3-1. La saison est un succès collectif : Bâle termine invaincu sur ses dix-sept matchs à domicile, treize victoires et quatre nuls, et devient champion de Suisse avec dix points d'avance sur Thoune. En un an, Müller y joue 51 rencontres toutes catégories confondues, dont 14 amicales, et son unique but bâlois est marqué dans un match de préparation.
Son retour à l'OL, en 2006, le place dans un autre rôle : 35 matchs en deux saisons, soit une rotation plutôt qu'une titularisation. La concurrence s'appelle alors Cris et Sébastien Squillaci. Il n'en récolte pas moins trois titres de champion supplémentaires et la Coupe de France 2008, avant de terminer sa carrière à l'AS Monaco.
La date de son retour est désormais tranchée : l'accord entre le FC Bâle et l'OL est bouclé le 26 janvier 2006, pendant la trêve hivernale. Il arrive donc à mi-saison, ce qui explique qu'il soit champion de France 2006 après n'avoir joué qu'une demi-saison. Sur ses totaux, les deux versions de Wikipédia restent cohérentes entre elles une fois les périmètres compris : 185 puis 35 matchs toutes compétitions selon la version française, 131 puis 23 matchs de championnat seul selon la version anglaise.
Ses douze trophées lyonnais
| Année | Trophée | Passage | Détail |
|---|---|---|---|
| 2001 | Coupe de la Ligue | 1er | Son but à la 118e minute |
| 2002 | ★ Champion de France | 1er | Le premier titre de l'histoire du club |
| 2002 | Trophée des Champions | 1er | |
| 2003 | ★ Champion de France | 1er | |
| 2003 | Trophée des Champions | 1er | |
| 2004 | ★ Champion de France | 1er | Dernier titre avant son départ |
| 2006 | ★ Champion de France | 2e | Année de son retour |
| 2006 | Trophée des Champions | 2e | |
| 2007 | ★ Champion de France | 2e | |
| 2007 | Trophée des Champions | 2e | |
| 2008 | ★ Champion de France | 2e | Le septième et dernier de la série |
| 2008 | Coupe de France | 2e | Doublé coupe et championnat |
Il ne manque que le titre 2005 à sa collection des sept championnats consécutifs : il évoluait cette saison-là à Majorque puis au FC Bâle, avec lequel il a d'ailleurs été champion de Suisse.
Répartition de ses matchs entre les deux passages
| Période | Matchs toutes compétitions | Trophées |
|---|---|---|
| 1er passage (2000-2004) | 185 | 6 |
| 2e passage (2006-2008) | 35 | 6 |
Curiosité statistique : il a gagné exactement autant de trophées lors de son second passage, en 35 matchs, que lors du premier, en 185 matchs.
La Suisse : plus de 80 sélections et trois grands tournois
Müller est l'un des piliers de la sélection suisse de sa génération, sur dix ans, de 1998 à 2008. Les sources divergent sur son total exact, entre 81 et 89 sélections, pour 3 buts, mais l'ordre de grandeur est clair : il fait partie des joueurs les plus capés de son pays.
Sa première sélection tombe le 22 avril 1998, à Belfast contre l'Irlande du Nord, sous les ordres de Gilbert Gress. La Suisse perd 1-0. Il s'installe très vite comme titulaire et le restera dix ans, sous Gress puis sous Köbi Kuhn, avec qui il dispute les trois grands tournois de la période.
| Compétition | Année | Résultat de la Suisse |
|---|---|---|
| Championnat d'Europe | 2004 | Premier tour, il est titulaire |
| Coupe du monde | 2006 | Huitièmes de finale |
| Championnat d'Europe | 2008 | Premier tour, tournoi organisé en Suisse et en Autriche |
Il est titulaire lors des trois matchs de l'Euro 2008, organisé par la Suisse et l'Autriche, et joue les quatre matchs de la Suisse au Mondial 2006, avec le numéro 20 et l'étiquette de joueur de l'Olympique Lyonnais sur la liste FIFA.
Le Mondial 2006 : deux records du monde en un seul match
C'est la ligne la plus singulière de sa carrière internationale, et elle tient dans une statistique que peu de défenseurs centraux peuvent revendiquer.
La Suisse de Köbi Kuhn traverse la Coupe du monde 2006 sans encaisser un seul but. Trois matchs de poule, un huitième de finale, 390 minutes de jeu : le compteur reste à zéro. C'est la seule équipe du tournoi à n'avoir concédé aucun but en cours de match, et Müller est le patron de cette charnière.
Le 26 juin 2006, en huitième de finale contre l'Ukraine, le score est de 0-0 après 120 minutes. Il faut donc une séance de tirs au but. Les trois premiers tireurs suisses, Marco Streller, Tranquillo Barnetta et Ricardo Cabanas, échouent les uns après les autres. L'Ukraine l'emporte 3-0 à la séance.
Ce que la Suisse a établi ce soir-là
- Première équipe de l'histoire de la Coupe du monde à manquer la totalité de ses tirs au but dans une séance.
- Seule équipe du Mondial 2006 à n'avoir encaissé aucun but en cours de match, sur quatre rencontres.
- Éliminée du tournoi sans avoir jamais perdu un match dans le temps réglementaire.
Müller a disputé les quatre matchs, avec une seule sortie, à la 75e minute. Il quitte donc sa seule Coupe du monde invaincu, imbattu, et éliminé.
Carrière complète en club
| Club | Pays | Période | Matchs | Buts | À noter |
|---|---|---|---|---|---|
| Servette FC | 🇨🇭 | 1995–1998 | 130 | 4 | Champion de Suisse 1999 |
| Juventus | 🇮🇹 | 1999 | 0 | 0 | Aucun match officiel |
| Grasshopper Zurich | 🇨🇭 | 1998–2000 | 45 | 2 | |
| Olympique Lyonnais | 🇫🇷 | 2000–2004 | 185 | 6 | Coupe de la Ligue 2001, 3 titres |
| RCD Majorque | 🇪🇸 | 2004–2005 | 6 | 0 | |
| FC Bâle | 🇨🇭 | 2005–2006 | 38 | 0 | Champion de Suisse 2005 |
| Olympique Lyonnais | 🇫🇷 | 2006–2008 | 35 | 1 | 3 titres, Coupe de France 2008 |
| AS Monaco | 🇲🇨 | 2008–2010 | 10 | 0 | Dernier club |
| Total, dont 220 matchs à l'OL | 449 | 13 | |||
Source : Wikipédia, version française (matchs toutes compétitions). La version anglaise, qui recense les seuls matchs de championnat, donne un total de 335 matchs et 8 buts. Le passage à la Juventus en 1999 n'a donné lieu à aucune apparition officielle, il a été immédiatement prêté aux Grasshoppers.
Une dernière saison à s'entraîner à l'écart
La fin est plus dure que ne le laisse voir la ligne « AS Monaco, 2008-2010 » de son tableau de carrière. Müller signe libre à Monaco le 31 août 2008, sur un contrat de deux ans. Après quelques apparitions, il n'entre plus dans les plans de l'équipe première. Son dernier match officiel remonte au printemps 2009.
À l'été 2009, il cherche publiquement un nouveau club et n'en trouve aucun. Le nouvel entraîneur monégasque, Guy Lacombe, lui a demandé de partir, mais son contrat court jusqu'en 2010 : il reste donc au club une saison entière sans jouer, à s'entraîner à l'écart du groupe professionnel, en compagnie du Croate Dario Šimić, dans la même situation. Monaco le libère à l'issue de la saison 2009-2010.
Deux ans plus tôt, il gagnait le doublé championnat-coupe avec l'OL. Un joueur à douze trophées lyonnais termine sa carrière sur douze mois d'entraînement en marge, à 33 ans.
Après le football : l'UEFA
Müller met fin à sa carrière en 2010, à 33 ans. Contrairement à beaucoup d'anciens joueurs de ce niveau, il ne prend ni banc de touche ni poste de consultant : il rejoint l'UEFA, l'instance dirigeante du football européen, dont le siège se trouve à Nyon, en Suisse, à une heure de sa ville natale.
Sa place dans l’histoire du club
Müller est 37e en nombre de matchs sur les 241 joueurs chiffrés de ce site, avec 220 rencontres. Mais c’est sur le décompte des trophées qu’il se distingue vraiment : ses douze titres lyonnais constituent le total le plus élevé de toute cette série de fiches.
| Joueur | Période | Championnats | Autres trophées | Total |
|---|---|---|---|---|
| Patrick Müller | 2000-2004, 2006-2008 | 6 | C. Ligue, C. France, 4 Trophées | 12 |
| Cláudio Caçapa | 2000-2007 | 6 | C. Ligue, 4 Trophées | 11 |
| Philippe Violeau | 1997-2003 | 2 | Intertoto, C. Ligue, 2 Trophées | 6 |
| Éric Deflandre | 2000-2004 | 3 | C. Ligue, Trophée | 5 |
| Florent Laville | 1993-2003 | 2 | Intertoto, C. Ligue, Trophée | 5 |
| Vikash Dhorasoo | 1998-2004 | 2 | C. Ligue, 2 Trophées | 5 |
| Jérémie Bréchet | 1998-2003 | 2 | C. Ligue, Trophée | 4 |
Décompte établi à partir des palmarès détaillés dans chaque fiche de ce site. Müller doit son avance à son second passage : revenu en 2006, il ajoute trois championnats, une Coupe de France et deux Trophées des Champions à un palmarès déjà fourni.
Trois choses à savoir sur Patrick Müller
- Ses douze trophées lyonnais en font le joueur le plus titré de cette série de fiches. Il a été présent pour le tout premier titre de champion du club, en 2002, et pour le septième et dernier de la série, en 2008, avec un intermède de deux ans en Espagne et en Suisse au milieu.
- Son but de la 118e minute, en finale de la Coupe de la Ligue 2001 contre Monaco, a donné à l'OL son premier trophée national depuis 1973. C'est l'un des sept seuls buts qu'il ait marqués sous le maillot lyonnais.
- Son transfert des Grasshoppers vers l'OL en 2000, pour l'équivalent de 12,75 millions de francs suisses, était le plus cher jamais réalisé pour un joueur suisse. Il avait auparavant signé à la Juventus sans y disputer le moindre match officiel.
Les saisons de l'OL qu'il a traversées :
Questions fréquentes sur Patrick Müller
Combien de trophées Patrick Müller a-t-il gagnés avec l'OL ?
Douze : six titres de champion de France en 2002, 2003, 2004, 2006, 2007 et 2008, la Coupe de France 2008, la Coupe de la Ligue 2001 et quatre Trophées des Champions. Il est l'un des rares joueurs présents à la fois pour le premier titre du club et pour le septième.
Patrick Müller a-t-il marqué en finale de la Coupe de la Ligue 2001 ?
Oui, le but de la victoire à la 118e minute contre Monaco, le 5 mai 2001 au Stade de France. Cláudio Caçapa avait ouvert le score à la 35e, Shabani Nonda avait égalisé à la 64e. L'OL l'emporte 2-1 après prolongation et décroche sa première coupe nationale depuis 1973.
Combien de matchs Patrick Müller a-t-il joués à l'OL ?
220 matchs toutes compétitions et 7 buts, répartis sur deux passages : 185 matchs entre 2000 et 2004, puis 35 entre 2006 et 2008.
Combien de sélections Patrick Müller a-t-il avec la Suisse ?
Entre 81 et 89 selon les sources, pour 3 buts, sur la période 1998-2008. Il a disputé l'Euro 2004, la Coupe du monde 2006 où la Suisse atteint les huitièmes de finale, et l'Euro 2008 organisé dans son pays.
Combien l'OL a-t-il payé Patrick Müller ?
L'équivalent de 12,75 millions de francs suisses en 2000, en provenance des Grasshoppers de Zurich. C'était alors le montant le plus élevé jamais payé pour un joueur suisse.
Patrick Müller a-t-il joué à la Juventus ?
Il y a signé un contrat de cinq ans à partir de janvier 1999, mais n'y a jamais disputé un match ni même participé à un entraînement. Il avait demandé à ne rejoindre Turin qu'à l'été ; la Juventus l'a prêté entre-temps aux Grasshoppers de Zurich, qui ont racheté son contrat à l'été 1999.
Quand Patrick Müller est-il revenu à l'OL ?
Le 26 janvier 2006, pendant la trêve hivernale, en provenance du FC Bâle, alors que l'OL était privé de plusieurs défenseurs blessés. Il est donc champion de France 2006 après une demi-saison seulement, puis à nouveau en 2007 et 2008.